Bienvenue chez Trident Voyages!
17/09/2009 à 10:08 | Publié dans Informations générales | Laisser un commentaireMots-clefs : Ukraine, vacances, voyages

Laissez-vous charmer par les beautés de la Crimée, endroit idéal pour passer vos vacances ou organiser le voyage dont vous avez toujours rêvé
Votre spécialiste des voyages et vacances en Ukraine.
Notre agence s’occupe de l’organisation de voyages et de vacances pour des particuliers ou pour des groupes. Nous nous efforçons de vous proposer des voyages vous permettant de découvrir au plus près les beautés de la nature ukrainienne ainsi que des voyages individuels (à la carte) à la découverte de Kiev, Lviv, Odessa, Yalta, Tchernivtsi, ainsi que d’autres villes, au cours desquels vous pourrez vous imprégner des spécificités culturelles de ce magnifique pays d’Europe de l’Est.
Les voyages proposés par Dreizackreisen s’adressent à tous ceux qui recherchent des voyages en rapport avec la nature ainsi que des rencontres personnelles avec les habitants, chez lesquels l’hospitalité est une tradition éprouvée.
La Crimée : qui ne la connaît pas, cette presqu’île au sud de l’Ukraine, entourée par la mer Noire et la mer d’Azov ? Beaucoup l’associent en premier lieu au fameux vin qui y est produit, aux grandioses palais des tsars, à la flotte russe de la mer noire, à Tchekhov et à Pouchkine, ou tout simplement à la mer et au soleil. Mais parallèlement à cela, la Crimée, si l’on s’y attarde un peu, c’est aussi une région aux paysages magnifiques d’une étonnante diversité culturelle, qui promet au voyageur une aventure inoubliable.
La Crimée est le lieu de vacances préféré des Ukrainiens. Les paysages à couper le souffle, la mer Noire et de nombreuses possibilités d’excursions amènent également de plus en plus de touristes étrangers sur ses côtes.
Si vous souhaitez voyager en Crimée, nous vous proposons, en plus d’un conseil professionnel et personnalisé un large choix dans les domaines du transport (tickets de bus, de train et d’avion), de l’hébergement (hôtels, chambre d’hôtes et appartements), ainsi qu’un large éventail de possibilités d’excursions (entre autres : montagnes de Crimée, Yalta, Balaklava, Bakhtchissaraï, Demerdshi, Massandra, Novy Svet et Soudak, Sébastopol). Vous avez également la possibilité de combiner ces offres de voyages avec d’autres offres de voyages dans le reste de l’Ukraine, que vous pourrez trouver sur le site dreizackreisen.de (en allemand).
Vous désirez passer des vacances zen à vous baigner sur la pittoresque côte méridionale de la Crimée ? Hôtel, pension ou un appartement privé, nous nous occupons de vous trouver l’endroit et le logement idéal.
Vous avez envie de découvrir les trésors centenaires de cultures des siècles passés ? Nous vous emmenons explorer les cités-troglodytes de Çufut-Kale, l’ancienne colonie grecque de Chersonèsos ou le palais du Khan de Bakhtchissaraï.
Vous recherchez plutôt le grand air, le climat méditerranéen et des spectacles naturels envoûtants ? Nous organisons pour vous de courtes excursions ou des randonnées de plusieurs jours à travers les montagnes de Crimée, où vous pourrez vous laisser charmer par des panoramas grandioses et des visites de grottes à concrétions, à Mangoup-Qale ou sur le Mont Demerdshi.
Nous répondons avec plaisir à toute question concernant un voyage ou des vacances en Crimée, et mettons volontiers notre savoir-faire à votre disposition pour organiser le voyage dont vous avez toujours rêvé !
Pour vos questions Vous pouvez contacter nous ou ici.
Rencontres internationales de jeunes allemands et ukrainiens
27/07/2010 à 14:10 | Publié dans Informations générales | Laisser un commentaireMots-clefs : Ukraine, voyages, nature, engagement, rencontres jeunes, échange

Delta du Dniepr près de Gola Pristan
Du 30 juillet au 14 août 2010, un quinzaine de jeunes ukrainiens viendra dans la région du Brandenburg participer à un camp-nature international. Les rencontres entre jeunes allemands et ukrainiens, qui ont lieu régulièrement en Ukraine et en Allemagne depuis 2007, permettent non-seulement un échange de bonnes pratiques, mais également de réfléchir ensemble à des solutions concrètes à apporter en matière de protection de la nature et d’éducation à l’environnement. Trident Voyages apporte depuis 2007 son soutien logistique et technique pour l’organisation et le déroulement de ces rencontres.
Depuis 2007, Trident Voyages s’engage auprès de la branche « jeunesse » de l’Organisation de Protection de la Nature du Brandenburg (près de Berlin), la NAJU. L’agence a apporté son soutien logistique et technique lors l’organisation de rencontres internationales de jeunes et de conception de projets environnementaux par les jeunes de la NAJU et de l’association « Zelenyï Homen » à Gola Pristan. Lors de leurs séjours en 2007 et 2009, les jeunes allemands, âgés de 18 à 26 ans, ont pu découvrir l’Ukraine et discuter avec les membres de « Zelenyï Homen » des enjeux et challenges que représente la protection de l’environnement dans la région menacée du delta du Dniepr, ainsi que de possibles solutions à apporter à ce problème.
Les jeunes ukrainiens, quant à eux, ont rendu visite à leurs amis allemands en 2008. Lors de ce séjour, ils ont eu l’occasion de se familiariser avec différents projets en rapport avec la protection de l’environnement et l’éducation à l’environnement, pouvant être également mis en pratique dans le futur en Ukraine. Ces différents séjours ont permis un échange d’idées très riche entre les jeunes. En plus de l’expérience d’un camp-nature, ces différentes rencontres ont permis aux jeunes de découvrir la culture et la perspective de l’autre, et également de rassembler de nombreuses idées pour une planète plus propre.
Les jeunes ukrainiens seront en Allemagne du 31 juillet au 14 août 2010 pour un nouveau camp-nature dans le Brandenburg. Au programme : visite de la Maison de la Nature de Gerswalde, randonnées dans les parcs naturels de la vallée de l’Oder à la frontière polonaise ainsi que de la Märkische Schweiz, et bien sûr, de passionnantes discussions!
La prochaine rencontre, en Ukraine, est prévue pour l’été 2011.
Gola Pristan. Charme provincial au bord du Dniepr
23/06/2010 à 13:53 | Publié dans A propos de l'Ukraine - Sud de l'Ukraine | Laisser un commentaireMots-clefs : Delta, Delta du Dnepr, Dnepr, Gola Pristan, réserve naturelle, tourisme vert

Delta du Dniepr
Petite ville provinciale au cœur de la Taurie
Les petites villes provinciales d’Ukraine portent souvent cruellement la marque d’années de russification et de production industrielle soviétique. C’est ainsi que beaucoup de ces villes « satellites » présentent principalement des rangées d’immeubles et des bâtiments historiques à l’abandon, villes dont la transition n’a, par manque d’argent, incompétence des administrations et absence d’idée d’ensemble, souvent pas été très réussie.
Gola Pristan est une exception. Cette petite ville située au bord de la Konka s’est développée magnifiquement au cours du temps grâce à des citoyens et une administration engagés. Les habitants développent encore et encore avec verve et enthousiasme les charmes de ce petit bijou au cœur de la Taurie.

Les pastèques de Gola Pristan sont très réputées
Particularité de la ville : les melons. Gola Pristan est située sur de la terre noire, et les fruits et légumes qui y poussent sont réputés pour leur goût et leur qualité. Les melons de Gola Pristan, par exemple, sont considérés comme les plus juteux et les plus sucrés d’Ukraine. Et ce n’est pas étonnant : le soleil y brille plus de 200 jours par an. Le climat est donc idéal pour y cultiver en plus des tomates, concombres et oignons.
Il y a beaucoup de choses à voir et à faire à Gola Pristan. Sa position centrale est idéale comme point de départ pour des excursions à Askania Nova, sur le delta du Dniepr, en Crimée et sur la mer Noire.
Vous êtes d’ici à deux pas de l’une des réserves naturelles les plus belles d’Ukraine, un eldorado pour les passionnés de nature, en particulier les ornithologes.

un oasis de verdure
Un oasis de verdure
Une spécificité de la région est l’oasis de verdure de monsieur Volodimir Dolinko, qui s’est donné pour but le développement du tourisme vert dans la région. Perdu dans la campagne, son oasis est l’endroit idéal pour se déconnecter du quotidien et se relaxer. A côté, la rivière Konka, avec sa ceinture de roseaux, idéale pour la pêche et pour des excursions en barque dans le delta du Dnepr. Pour s’y loger : des bungalows, un camping, et un petit hôtel ouvert depuis peu.
Au cœur de la ville de Gola Pristan se trouve un impressionnant lac de sel, et un sanatorium. Toutes sortes de maladies respiratoires y sont soignées, ainsi que des allergies et des problèmes orthopédiques. L’eau saline et la boue aux vertus thérapeutiques extraites sur place y sont utilisées de nombreuses manières. Gola Pristan est aussi moderne : une clinique dentaire du dernier cri aux standards européens a récemment ouvert.
Le sud-est de l’Ukraine. L’oblast de Donetsk, tout en contrastes
21/06/2010 à 16:19 | Publié dans A propos de l'Ukraine - l'Ukraine orientale | Laisser un commentaireMots-clefs : églises, donetsk, mine de sel, musée en plein air, parc, région de donetsk, réserve naturelle, soledar, svatogorsk, vin

Monastère masculin de la Dormition, Sviatogorsk
La région montagneuse située au nord de Donetsk, avec ses forêts touffues, ses ravins et ses falaises est qualifiée par beaucoup d’Ukrainiens de « petite Suisse de Donetsk » et est l’un des lieux de détentes les plus populaires de l’Ukraine orientale.
On trouve dans la « réserve naturelle pour la géologie et la botanique », située dans cette « petite Suisse de Donetsk », quantité de plantes rares. Et ce n’est pas tout : car ce territoire pittoresque de 295 hectares, situé sur la rive gauche du fleuve « severnyj Donetsk », recèle bien d’autres trésors et curiosités que nous aimerions vous faire découvrir ici.
Sviatogorsk
La pittoresque Laure de la Dormition de la Mère de Dieu, située à flanc de montagne, a été construite sur le même modèle que la Grande Laure de Kiev. Elle aussi présente un dédale de labyrinthes, grottes souterraines, cellules et voûtes. Dans ce monastère sont conservées de nombreuses reliques.
La construction du monastère et de son remonte au 13e siècle. A cette époque, des moines orthodoxes fuyant Kiev y trouvèrent refuge, creusèrent des grottes et des tunnels dans le calcaire, et construisirent un mur de pierre pour se protéger des envahisseurs mongols. Du 17e au 19e siècle, le monastère fut agrandi et fortifié.
Le climat de cette région est particulièrement vivifiant, et ses propriétés thérapeutiques sont connues depuis de nombreuses années. Il s’en est fallu de peu que les bolchéviques s’emparent de la Laure et la transforment en maison de repos et sanatorium.
Aujourd’hui, le monastère de Sviatogorsk est un monastère masculin bien établi, où viennent chaque année en pèlerinage des centaines de milliers de fidèles. Dans l’enceinte du monastère se trouvent entre autres l’église St Nicolas datant du 17e siècle, la cathédrale Uspenski (1859-60), des cellules monastiques d’origine (1887), et qui sont utilisées jusqu’à aujourd’hui, un passage souterrain du 17e siècle, un pavillon pour pèlerins et des tours datant du 19e siècle.
En 2005, le monastère reçut de l’Eglise orthodoxe ukrainienne le statut de « Laure ». Ce titre honorifique reconnaît à ce monastère une importance religieuse du même ordre que celle de célèbres monastères russes-orthodoxes, comme la Grande Laure de Kiev et le monastère de Potchaev.
Mousseux de Crimée en-dehors de la Crimée – spécialités de l’Ukraine orientale
Lorsqu’E. Farke, homme d’affaire prussien, abandonna voici 300 ans l’extraction de gypse dans la région, il ne lui serait jamais venu à l’idée de ce que ferait Staline de ses mines. Car en effet, dans les galeries abandonnées s’enfonçant parfois jusqu’à 80 m sous terre, fut construit un immense cellier, qui est encore utilisé aujourd’hui.
Les vins et mousseux sont ici entreposés dans l’optique d’une méthode de fermentation en bouteille particulière, appelée « artiomskoe » ou « de Crimée ». Cette dernière appellation suscite actuellement un débat passionné, car la ville d’Artiomovsk ne se trouve absolument pas en Crimée, de même que les raisins pressés ici ne proviennent en aucun cas de la presqu’île en question. De grands producteurs de mousseux de Crimée, comme « Novy Svet » et « Massandra » revendiquent pour eux seuls l’appellation « mousseux de Crimée » et réclament à cors et à cris la protection de cette marque que ne pourraient utiliser que des caves et domaines de la région.
La cave à mousseux d’Artiomovsk est l’un des plus grands producteurs européens de mousseux. La méthode de production utilisée, issue de la grande tradition française, l’emploi de nouvelles technologies ainsi que d’un outillage moderne, y permettent la production d’un mousseux dont la qualité n’a rien à envier à celle des meilleurs producteurs du monde entier. L’un des secrets de la qualité de ce vin est encore le microclimat régnant dans les caves souterraines, où se déroule le processus de fabrication. Il est possible de découvrir ce microclimat exceptionnel ainsi que de se convaincre de la qualité du mousseux d’Artiomovsk par une visite suivie d’une dégustation.
Le musée d’architecture populaire Predleznoe
Dans les environs de Slovyansk, ne ratez pas le musée en plein air, situé dans le village de Predleznoe. Ce petit musée, où on été reconstruites des chaumières traditionnelles de paysans donnent un bon aperçu de vie familiale paysanne en Ukraine orientale.
Soledar – Art et santé dans les mines de sel
A 120 km de Donetsk se trouvent les mines de sel de Soledar. S’enfoncer dans ses anciennes galeries d’exploitation invite à l’aventure, car là ont créé des artistes modernes d’étonnantes sculptures, qui sont aujourd’hui accessibles au public.
Chaque année est organisé dans ce décor insolite un festival international de musique classique. Bien plus que le décor exceptionnel, l’acoustique de la mine donne à la musique une résonnance particulière et au festival un charme sans pareille.
Dans les mines de Soledar se trouve également un institut de santé privé qui propose des cures pour guérir pneumonies, bronchites, asthmes et allergies. D’après les prospectus, même un court séjour dans les mines produira un effet positif et visible sur votre santé et votre vitalité !
Le parc paysager « Kloban Bik » (Kleban Byk)
Sur un territoire de plus de 2000 hectares se trouve le parc paysager de « Kloban Bik ». Son attraction principale est un parc géologique. Ici, où s’étendait la mer il y a quelques millions d’années, on rencontre à l’air libre des successions de strates de différents minéraux, ainsi qu’une flore et une flore exotiques, qui n’ont pu s’y développer que grâce aux conditions climatiques et géologiques hors du commun. Une autre particularité du parc est la présence de statues sculptées dans les roches, représentant des animaux où des personnages emblématiques de la région, comme les cavaliers scythes, qui la peuplaient autrefois.
Les réserves d’eau douce du parc alimentent toute la région.
Réserve naturelle des « tombeaux de pierres » (Kammianye mogili, Каменные Могилы)
Au sud de Donetsk, en allant en direction de la mer d’Azov, on trouve encore des vestiges des steppes tauriennes. Mai et juin sont les mois de floraison des stipes à feuilles pennées, caractéristiques des milieux steppiques d’Europe centrale, et le regard se perd à l’horizon au-dessus de la végétation en fleur.
Au-milieu de la steppe se dressent, inattendus, des amoncellements de pierres qui peuvent atteindre jusqu’à 80m de haut. Cet endroit fut il y a longtemps l’embouchure d’un fleuve menant à la mer Sarmate. L’eau, et plus tard le vent de la steppe, ont érodé et poli les pierres et creusé des ravines. Le résultat est assez impressionnant.
La forme des amoncellements de pierre ressemblant étrangement aux kourganes, tombes enfouies typiques de la région de la mer Noire a donné son nom à ces « tombeaux de pierres ». Les habitants attribuèrent des propriétés magiques à cet endroit, et l’utilisèrent comme lieu de prière. Cette thèse est renforcée par les nombreuses « babas », statues de fécondités, qui y furent découvertes, et qui sont aujourd’hui exposées dans le parc.
Verkhovnia et Berditchev, sur les traces de Balzac
10/06/2010 à 11:38 | Publié dans A propos de l´Ukraine - l'Ukraine centrale | Laisser un commentaireMots-clefs : Ukraine, culture, Ukraine centrale, Berditchev, Balzac, Hanska, musée, Verkhovnia
Au premier abord, le nom de cette petite ville située dans l’oblast de Jitomir, à quelques centaines de kilomètres de Kiev, n’évoque rien. Pourtant, elle est étroitement liée à l’un des grands noms de la littérature française : Honoré de Balzac. Car c’est ici, après y avoir passé plusieurs longs séjours, que le célèbre écrivain français épousa la comtesse Eveline Hanska.
L’histoire de l’écrivain et de la comtesse a tout d’une tragédie, peuplée de grands sentiments, d’une union impossible et d’une fin malheureuse. Balzac y campe le personnage principal : génial, mondain, adoré des femmes qui trouvent qu’il les comprend si bien, écrivain prolifique et déjà reconnu, mais également particulièrement malheureux en affaires, et donc criblé de dettes. L’autre protagoniste de l’histoire, c’est Eveline Hanska. Fille d’une famille de la grande noblesse polonaise, elle a épousé un homme de vingt ans son aîné et vit une vie retiré à la campagne, dans sa propriété de Verkhovnиa, en Ukraine. Elle vit à l’abri de besoin, mais s’ennuie. Pour se distraire, cette jeune femme instruite dévore les livres, et notamment ceux de Balzac, son auteur préféré, qui a su selon elle si bien dépeindre les mœurs de son temps. Et la vie qu’il décrit dans ses livres, le Paris authentique et coloré, l’attire.
Une mystérieuse « Étrangère »
Un jour elle lui écrit une lettre mystérieuse où elle signe simplement : « l’Étrangère ». L’écrivain est aussitôt intrigué. Il lui répond. Commence alors une correspondance enflammée qui durera… 17 ans. Dix-sept ans pendant lesquels l’écrivain attendra sa belle. Balzac et Hanska, qui sont tombés follement amoureux l’un de l’autre, se rencontreront une première fois, à Neuchâtel. Et forment déjà des projets d’avenir. Seulement voilà : la comtesse est mariée, et ne veut pour rien au monde divorcer. Il faudra donc attendre. L’écrivain continue sa vie houleuse, entre grandes entreprises, réduites aussitôt à néant, conquêtes, et le plus important, l’écriture. Malgré des liaisons avec diverses protectrices, son cœur reste fidèle. Il dévoile à Eveline ses grands projets, celui de peindre par ses livres une véritable fresque de son temps, et de faire du roman un genre littéraire moderne. Sa relation épistolaire influencera, et même inspirera son œuvre. Empli d’espoir et d’amour, il écrira de manière frénétique, jusqu’à quatre romans à la fois. Qu’il se brouille avec la comtesse, même pour quelques mois, il arrête d’écrire. Revoir Mme Hanska devient une obsession.
Un amour impossible
En 1842, coup de théâtre. Le comte Hanski meurt. Balzac, qui attendait la nouvelle depuis huit ans, n’espère qu’une chose : revoir la comtesse au plus vite et se marier. Hélas, celle-ci semble moins empressée que son amant. Des ennuis de succession retarderont leurs retrouvailles, qui auront lieu un an plus tard, à St Pétersbourg. S’ensuivent quelques mois de bohème à travers l’Europe, avec Madame Hanska, la fille de celle-ci et son époux. Balzac rentre à Paris épuisé et se remet à sa Comédie humaine. Il abat le travail comme un forçat, avec un nouvel espoir : Mme Hanska attend un enfant de lui. Les projets de mariage sont à nouveau au goût du jour. Il achète une maison, et la prépare pour l’arrivée de sa future femme. Mais Mme Hanska veut régler toutes ses affaires en Ukraine avant de s’installer à Paris. Les retrouvailles sont encore repoussées. Et là, encore, un coup du destin : la veille d’aller chercher sa fiancée prête à s’installer définitivement en France, Balzac apprend qu’elle a fait une fausse couche. Terrassée de chagrin, Mme Hanska ne pense qu’à une chose : rentrer en Ukraine. Et demande à l’écrivain de le revoir un an plus tard seulement, en février 1847. Cette année-là, ils passent enfin plus de temps ensemble, car elle s’installe deux mois à Paris. Revigoré par sa présence, l’écrivain publie simultanément trois romans : Le Député d’Arcis, La Dernière Incarnation de Vautrin et Le Cousin Pons. Le bonheur fut hélas de courte durée : la comtesse repart en Ukraine, et repousse leurs retrouvailles à l’automne.
Retrouvailles en Ukraine
Pour Balzac, malgré le succès de ses romans, les affaires ne marchent pas non plus. L’écrivain, pensant avoir trouvé le filon du siècle, avait investit une grande partie de la fortune de sa future épouse en action des chemins de fer du Nord, avec l’intention de les revendre un peu plus tard, pour en tirer un profit substantiel. Hélas, l’entreprise s’avéra être malheureuse, car les actions chutèrent de manière catastrophique, tant et si bien que Balzac n’en retira que des dettes. En septembre 1847, ayant perdu le sommeil à cause de ses soucis d’argent, et ne pensant qu’à rejoindre Mme Hanska, Balzac partit pour l’Ukraine sans attendre sa permission. Il prit soin de brûler toutes ses lettres pour ne pas être l’objet de chantage. Le voyage fut long et pénible, en train et en diligence. L’écrivain ayant roulé de jour comme de nuit, arriva moins de deux semaines plus tard à Berditchev, bien avant la lettre annonçant sa venue. Il continue sa route en calèche, jusqu’à la propriété de Mme Hanska, Verkhovnia, qu’il décrit comme « une espèce de Louvre, de temple grec, doré par le soleil couchant, dominant la vallée ». La route qui y mène serpente à travers les steppes, « les vraies steppes », qu’il compare à la prairie de Fenimore Cooper. Il compte rester chez Mme Hanska jusqu’à la mi-avril, visite Kiev, continue la rédaction de quelques romans. Ses affaires le rappellent cependant plus tôt que prévu à Paris. Mme Hanska ne l’accompagne pas : la loi prévoit qu’elle perde tous ses biens en cas de mariage avec un sujet étranger, et elle envoie une requête au tsar en personne, que Balzac avait rencontré en 43 à St Pétersbourg. Désespéré, malade, Balzac n’arrive plus à travailler. Arrive enfin une lettre de Mme Hanska lui demandant de revenir en Ukraine pour ne plus se quitter. Balzac est fou de joie. Il repart aussitôt, sans consulter son médecin qui lui aurait sans doute déconseillé ce voyage, et arrive à Verkhovnia fin 1848. En 1849, la requête de Mme Hanska au tsar est refusée. Le 14 mars 1850, Mme Hanska décide finalement d’épouser Balzac, cédant toutes ses terres à sa fille. Ils se marient en toute discrétion, en présence seulement de quelques amis fidèles. Et retournent à Paris. La situation n’est pas fameuse : la nouvelle Mme de Balzac a renoncé à tous ses biens, l’écrivain est lui-même malade et couvert de dettes. Il s’éteint à peine cinq mois après son retour. Mme Hanska lui survivra 31 ans. Les deux amants éternels sont aujourd’hui enterrés côte à côte au cimetière du Père Lachaise.
Aujourd’hui, les trois pièces qu’a occupées Balzac au premier étage du palais de Verkhovnia lors de ses différents séjours sont aménagées en musée. L’on peut y voir sa table de travail, des portraits, et différents documents relatifs à Balzac et à Éveline Hanska. La visite du musée peut être combinée avec celle du bâtiment où furent célébrées les noces de l’écrivain à la comtesse, à Berditchev. Car en Ukraine, malgré les siècles écoulés, cette folle histoire d’amour, dans laquelle Balzac a joué le plus romantique de ses personnages, n’a pas été oubliée, et fascine encore.
Askania Nova
26/04/2010 à 14:21 | Publié dans A propos de l'Ukraine - Sud de l'Ukraine | Laisser un commentaireMots-clefs : Askania Nova, cheval de Przewalski, nature, réserve naturelle, steppe, sud, Ukraine
Une oasis dans la steppe
A la fin du 19e siècle, la steppe de Syvach semblait encore s’étendre à l’infini, ondulant de Zaporijjia à Syvach, et de Melitopol à Kherson. C’est qu’à cette époque, peu de routes en troublaient l’immensité plate et dénuée de tout arbre. Posées au bord de ces routes, seules des cabanes branlantes attendaient marchands, bergers et voyageurs partant pour la Crimée ou en revenant.
Au milieu de cette vaste solitude, à environ 40 kilomètres au nord de l’isthme de Perekop, se trouvait une cuvette de 5 à 7 kilomètre de diamètre, seul dénivelé dans cette immensité plate. Tous les 10 à 15 ans s’y passait un phénomène étrange : à condition que les précipitations printanières soient assez fortes, la cuvette se remplissait d’eau, formant une sorte de marais qui mettait environ deux ans à s’assécher. C’est ainsi que régulièrement, et pour quelques temps, cette zone désertique se transformait en marécage luxuriant, abritant de nombreuses espèces d’oiseaux.
C’est ici, dans le bassin pontique, entre le Dniepr, la mer d’Azov et la Crimée, qu’acheta en 1828 le duc allemand Ferdinand von Anhalt-Koethen 47 148 desjatinki de terre (environ 51 509 ha) au tsar Nicolas Ier, dans le but d’y commencer un élevage de moutons mérinos. Le duc donna au cœur du domaine, situé au milieu de ce triangle, le nom d’Askania Nova, en l’honneur de la maison d’Ascanie, l’une des plus anciennes familles allemandes, qui constitue la souche de la maison d’Anhalt. Cependant, le duc échoua dans sa tentative de créer un élevage de mouton, et revendit le domaine en 1856 à un autre propriétaire terrien allemand, F. J. Fein, dont la fille épousa J. J. Falz, amenant en dot nom et domaine.
L’un des petits-enfants issus de cette union, Friedrich Edouarovitch Falz-Fein, eut plus de succès que ses ancêtres dans son entreprise. Féru de sciences naturelles, il fonda à Askania Nova un jardin botanique et zoologique qui devait bientôt être connu dans tout le pays et même au-delà de ses frontières. A partir de 1866, il négocia l’achat d’animaux rares et de grande valeur. L’un des éléments centraux du domaine était le puits artésien, le premier en Russie du sud, d’où l’eau jaillit spontanément, pour la construction duquel, en 1887, fut spécialement engagé un ingénieur anglais. Le parc zoologique accueillait à l’origine 32 espèces d’oiseaux, ainsi qu’un jeune ours, un cerf, un chevreuil et un lapin blanc. En 1888 arrivèrent les premiers animaux venus de l’étranger : trois antilopes cervicapra, un couple de kangourous et un couple de Nandous d’Amérique.
Très rapidement, l’entreprise audacieuse de Friedrich Edouardovitch attira une foule d’experts et de profanes. Certains grands noms de la science profitèrent même des possibilités offertes par ce parc de Taurie pour mener à bien leurs propres expérimentations, ce qui entraîna une augmentation considérable du nombre de visiteurs. Ce succès fut confirmé par des prix remportés lors d’expositions animalières de toutes les Russies en 1908, 1910 et 1911.

la steppe en fleur, Askania Nova
Un jardin zoologique
Friedrich Falz-Fein porta une attention toute particulière à la protection de la végétation steppique originelle caractéristique d’Askania Nova. Etant conscient qu’une telle végétation était indéniablement menacée par l’implantation de colons et par l’agriculture en pleine expansion dans la région, il souhaita créer au sein de son domaine une zone steppique protégée, l’un des derniers espaces à rester vierge de toute influence extérieure, grâce à la mise en place de zones-tampons.
La Révolution de 1917 et la prise de pouvoir par les communistes marqua certes la fin du règne de la famille Falz-Fein sur cette région d’Ukraine, ne changea cependant pas grand-chose à Askania Nova. Car les nouveaux maîtres avaient compris bien assez tôt la signification nationale et internationale du domaine. Askania Nova devint donc un bien nationalisé au sein d’un parc naturel lui-même également nationalisé, et fut rebaptisé en 1919, à la fin de la sanglante guerre civile « institut soviétique pour l’acclimatation et l’hybridation d’animaux ». En 1956, le parc naturel devint partie intégrante de l’institut, et sa surface fut considérablement agrandie.
La particularité des recherches menées au domaine d’Askania Nova, est qu’elles se concentrent sur un petit nombre de types d’ongulés ainsi que d’oiseaux aptes ou inaptes au vol, tout en englobant un grand nombre d’espèces comprises dans ces mêmes familles. Le but de ces expérimentations est notamment la création de nouvelles races ovines, porcines et bovines adaptées aux conditions climatiques particulières de la région.
A l’heure actuelle, le tourisme joue un rôle de plus en plus important dans le développement du domaine. Car Askania Nova est avant tout une réserve naturelle unique, seul endroit où la végétation steppique originelle de Taurie a pu être conservée jusqu’à ce jour. Il est aujourd’hui possible de participer à des safaris, en jeep où à cheval, et de partir à la découverte des animaux d’Europe et d’Afrique peuplant la steppe du domaine, tels que le saïga (saiga tatarica) l’oryx (oryx beisa), le bison (bison bison), le zèbre, le grand koudou, le buffle africain et bien d’autres encore.
L’une des fiertés du parc est également la présence du plus grand troupeau en semi-liberté du très rare cheval de Przewalski, cousin du cheval domestique découvert au 19e siècle. Les premiers individus furent introduits en 1899 dans le domaine, suite à des expéditions dans le désert de Gobi. Ceci empêcha très certainement leur extinction totale, qui semblait encore inéluctable quelques décennies en arrière, alors qu’un très petit nombre seulement survivait dans différents zoos. Le troupeau d’Askania Nova constitua en effet l’un des groupes-souche à partir duquel put se perpétuer la race et à partir duquel des animaux purent être réintroduits en Mongolie, à partir de 1992, avec la participation enthousiaste de la population.
En 1985, le domaine d’Askania Nova fut inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre du Programme sur l’Homme et la Biosphère (MAB), parallèlement à d’autres réserves prestigieuses tel que le Parc national de Serengeti de Tanzanie et le Parc national de Yellowstone aux Etats-Unis. Le parc d’Askania Nova s’étend sur une surface de 33 000 ha, dont 11 000 ha de zone centrale particulièrement protégée, afin de permettre la conservation de la végétation steppique originelle unique au monde, et 6 600 ha de zone-tampon, dans laquelle les visites sont soumises à une réglementation stricte.
Oujgorod – à l’ouest de l’Ukraine et au beau milieu de l’Europe
31/03/2010 à 10:31 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale | Laisser un commentaireMots-clefs : Ukraine, églises, carpates, Ukraine occidentale, musée en plein air, Oujgorod, architecture
Oujgorod est la ville ukrainienne située le plus à l’ouest de l’Ukraine et est la capitale de la Transcarpathie. Elle se trouve près des frontières hongroise et slovaque. On sent ici l’influence hongroise, qui fut plus tard austro-hongroise, ce qui est loin d’être étonnant, l’Empire ayant contrôlé pendant plusieurs siècles la région. Mais les hongrois ne furent pas les seuls à y laisser des traces : la Transcarpatie ayant été revenue en 1919 à la Tchécoslovaquie, on sent également des influences tchèques et slovaques dans l’architecture.
A ne pas manquer à Oujgorod : le quartier cubiste, un petit bijou architectural construit au début du siècle dernier et ayant gardé jusqu’à aujourd’hui son authenticité. Une autre curiosité de la ville est bien sûr le château d’Oujgorod, converti aujourd’hui en un musée assez intéressant sur l’histoire et la culture des Carpates. D’ici, vous serez à deux pas du Skansen, un musée en plein air qui vaut le coup d’œil, où l’on peut voir des fermes houtsoules et boyko reconstituées avec minutie, ainsi qu’une église en bois construite dans les règles de l’art de l’architecture des Carpates, qui fut construite sur un modèle original.
Par beau temps, n’oubliez pas d’aller vous promener sur les berges de l’Ouj, le long de la plus grande allée de tilleuls d’Europe. Vous pourrez ensuite flâner dans les rues piétonnes de la ville, ou bien vous reposer dans l’un de ses nombreux cafés.

La fameuse allée des tilleuls d'Oujgorod
La réserve naturelle de la mer Noire
31/03/2010 à 09:55 | Publié dans A propos de l'Ukraine - Sud de l'Ukraine | Laisser un commentaireMots-clefs : faune, flore, mer Noire, nature, ornithologie, réserve naturelle, sud, Ukraine

Coucher de soleil sur la mer Noire
Le long de la côte septentoriale de la mer Noire, près de Kherson et Mykolaiv se trouve l’une des plus grande réserves naturelles d’Ukraine.
Cette réserve a été créée 1927, afin de protéger les nombreuses espèces d’oiseaux y nidifiant, ainsi que pour faciliter une étude approfondie de la faune et de la flore de la région de la mer Noire. Cette réserve fut inscrite en 1984 dans le réseau mondial de biosphères à préserver (en ukrainien : zapovidnik), institué dans le cadre du programme de l’UNESCO sur l’Homme et la Biosphère (MAB).
Cette réserve s’étend sur une surface de 87.348 hectares et est constitué de cinq districts de terre ferme et de sept îles. Parmi ceux-là : le district de forêt steppique sur la langue de terre de Kinbourn, la zone steppique de la bande côtière des baies de Tendrivsk et Yagorlitsk. Le zapovidnik est divisé en plusieurs zones : une surface de 57.048 hectares accessible seulement aux scientifiques et employés de la réserve, et une zone-tampon de 30.300 hectares. La zone la plus importante de la réserve (47.600 ha), est en fait constituée d’eau, zone beaucoup plus importante que celle de terre ferme (9.448 ha).
La pluviosité moyenne de la zone côtière steppique, à laquelle appartient le zapovidnik s’élève à 320-350 mm par an. La pluviosité à Paris est en comparaison beaucoup plus importante : environ 640 mm par an. Les étés y sont chauds et secs, les hivers en général cléments, avec des écarts de température tout de même importants.
La faune et la flore sont d’une étonnante diversité. On y trouve par exemple plus de 620 espèces de plantes, 45 espèces de mammifères, 40 sortes de poissons, 9 sortes de reptiles et 5 d’amphibiens.
A souligner, la présence de plus de 300 espèces d’oiseaux, qui font de cette réserve naturelle un paradis pour les ornithologues.
La Pâque orthodoxe en Ukraine
30/03/2010 à 13:44 | Publié dans Informations générales | Laisser un commentaireMots-clefs : boire, manger, Pâques, Pâques orthodoxe, religion, Ukraine

Bénédiction des koulitchi
La Résurrection du Christ
Si Noël est considéré en occident comme l’événement religieux principal, en Ukraine, tout comme dans l’ensemble de la sphère orthodoxe, la plus grande fête de l’année du calendrier liturgique est Pâques. La fête de Pâques orthodoxe est à la fois semblable et très différente de ce que l’on peut connaître des rites catholiques et protestants.
Tout d’abord la date : en effet, la date de la Pâque est, pour toute l’Eglise orthodoxe, fixée selon le calendrier grégorien, qui est décalé de 13 jours par rapport au calendrier julien utilisé par les catholiques et les protestants. Pâques est donc célébrée en général un peu plus tard que chez nous. Cependant, la date étant calculée également en fonction du calendrier lunaire, et il arrive, mais très rarement, que les fêtes coïncident. Le dimanche de Pâques marque la fin du carême traditionnel de 40 jours.
Elément marquant des fêtes de Pâques, les «koulitchi», gâteaux traditionnels cuits en hauteur et recouverts d’un glaçage particulier, qui sont partagés avec la famille et les amis, et qui se retrouvent sur toute les tables. Autre spécialité culinaire : la fameuse «paskha» (prononcer pas-kh-a), faite à partir de fromage blanc égoutté, d’œufs et de fruits confits.
Egalement présents sur toutes les tables : les œufs de Pâques (pisanki), pas en chocolat comme chez nous, mais des vrais œufs durs multicolores, décorés selon différentes techniques de coloration à la cire, ou bien peints avec minutie, sur lesquels on retrouve des symboles religieux ou des images du Christ. Cette tradition est bien ancrée en Ukraine et connue dans le monde entier.

Oeufs de Pâques décorés. Musée des oeufs de Pâques, Kolomiya
Mais comment au juste se déroule Pâques chez les Ukrainiens ?
La semaine qui précède Pâques, la Semaine Sainte, est ponctuée de différents offices. Le moment le plus important des fêtes de Pâques est la veillée du Samedi Saint, dans la nuit du samedi au dimanche, qui finit par une liturgie pascale. Rester jusqu’au bout demande une capacité à ne pas s’asseoir pendant plusieurs heures. En effet, les églises orthodoxes ne sont pas pourvues de sièges, mais seulement de stalles où il est possible certes de reposer un peu ses jambes, mais qui sont en général prises d’assaut par les fidèles. L’office dure en tout trois heures et demie, entre 23h30 et 3h du matin, ce qui demande une certaine résistance physique, même s’il est quand même possible de sortir de l’église pendant l’office.
Vers onze heures et demie commence donc le service dans une église généralement bondée. Pâques est une grande fête, l’atmosphère est joyeuse, comme vous ne le verrez jamais en occident. L’office commence par les vêpres, dans l’obscurité, des psaumes sont récités à la lumière d’une simple bougie. Puis, à minuit, on sonne les cloches, et l’église jusque-là plongée dans l’obscurité s’illumine. Chacun allume un petit cierge, qui symbolise la lumière de la foi, et transmet la lumière à son voisin.
Le prêtre en habits flamboyants, suivi des diacres et des enfants de chœur, se place devant l’iconostase richement décoré, et bénit les fidèles avec la formule traditionnelle : «Khristos voskres !» (le Christ est ressucité !) à laquelle est répondu : «Vo istinu voskres !» (En vérité, il est ressucité !). Des chants joyeux et mystiques résonnent, la fumée s’échappant de l’encensoir du prêtre et emplit l’église d’un parfum entêtant, la taille des bougies s’amenuise, tandis que la cire forme des petites taches sur les jupes et les manteaux. Les visages s’illuminent, chacun semble avec foi et humilité laisser de côté les soucis du quotidien pour retrouver pour quelque temps espoir et allégresse.
Au milieu de la nuit, les prêtres, portant croix et icônes, suivis du chœur et de l’ensemble des fidèles s’avancent en procession dans la cour de l’église. Là, des centaines de personnes se mettent sagement en rang en attendant de se faire bénir avec leurs corbeilles (emplies de koulitchi, pains et œufs de Pâques), cependant que les cloches sonnent à nouveau. La route suivie par le prêtre, qui fait trois fois le tour de la cour dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, symbolise le chemin de croix de Jésus et des souffrances qu’il a subies afin de sauver l’humanité. Après la procession, la liturgie continue à l’intérieur de l’église.

victuailles traditionnelles pour la fête de Pâques
Le dimanche de Pâques est plutôt célébré en famille. On se retrouve autour de nourriture typique préparée spécialement pour l’occasion. Rien ne manque, et il y a même une petite liqueur pascale. Le fait que le carême soit traditionnellement plus suivi en Ukraine qu’en occident explique en partie les fastes du dimanche pascal, qui en marque la fin, mais force est de constater que le festin pascal semble maintenant plus ancré dans les têtes que le carême qui le précède. Le fait de se rendre sur la tombe de proches ce jour-là avec vin et victuailles est également une tradition très répandue.
La fête finissant le dimanche, le lundi de Pâques n’a pas de signification particulière.
Tchernihiv (russe: Tchernigov), berceau de la foi orthodoxe
24/03/2010 à 15:59 | Publié dans A propos de l'Ukraine - l'Ukraine orientale | Laisser un commentaireMots-clefs : églises, laure, mongols, Tchernigov, Tchernihiv

Eglise de la Transfiguration - Tchernigov
Cette ville située sur la rive droite de la Desna fut considérée pendant des centaines d’années comme LE centre de la foi orthodoxe. Car la ville, dès sa fondation, se développa comme une dangereuse concurrente de Kiev en phase de devenir la nouvelle capitale de la Rus.
Les premières découvertes archéologiques dans la région suggèrent la présence d’une colonie vers 6 000 av. J.C. Vers le milieu du 7e siècle de notre ère, les différentes colonies slaves fondées par les descendants des Vikings auraient été regroupées en un ensemble plus grand portant le nom de Tchernigov. La ville est évoquée pour la première fois en l’an 860 dans une liste de cités de la Rus tributaires de Byzance. Sur cette liste, Tchernigov figure déjà en deuxième position, juste derrière Kiev.
Le 11e siècle marque l’apogée économique et culturelle de la ville. Sa position intéressante en bordure de la Desna, sur la route nord-sud, en font un lieu de passage obligé et encourage le commerce. Des églises et cathédrales furent construites, les premières et plus importantes de la Rus à cette époque-là. Des colons très religieux s’y installèrent, creusèrent des monastères dans la terre, avec la ferme intention d’y vivre et d’y prier. C’est ainsi que furent érigés, de même qu’à Kiev, des monastères troglodytes. De cet endroit, les chefs spirituels orthodoxes russes délivrent des messages et donnent des conseils à toute la chrétienté.
La prospérité de Tchernigov dure jusqu’au 13e siècle. Puis en 1239, les Mongols prennent d’assaut la ville et ne laissent pas une pierre debout. La ville se remet peu à peu de la tourmente, mais ne retrouvera jamais sa force et importance d’avant.
Seule l’importance sur le plan religieux de Tchernigov reste intacte. C’est ainsi que sur les fondations du monastère troglodyte du 11e siècle sera construit au 17e siècle le monastère de la Trinité, qui se développera rapidement en centre significatif pour l’impression de livres, et deviendra par la suite le lieu de résidence de l’archevêque.
Tchernigov, tout comme d’autres villes ukrainiennes, change plusieurs fois de maîtres. Elle devient lituanienne, russe, polonaise, puis à nouveau russe. La ville reste un lieu de pouvoir pour la région, sera capitale de département au sein de l’empire russe, et plus tard le siège de l’administration de l’oblast.

Tchernigov, Tchernihiv, Monastère de la Trinité
Il est possible aujourd’hui de visiter les églises et monastères centenaires, magnifiquement restaurés. Le visiteur est interpellé de loin déjà par les coupoles dorées de la cathédrale de la Transfiguration du Christ, de la cathédrale Boris et Gleb et du monastère de la Trinité. La Laure de Tchernigov, qui a été également fondée par St Antoine l’Athonite peu après la grande Laure de Kiev témoigne encore aujourd’hui de la vie ascétique et imprégnée de spiritualité de ses moines.
Tchernigov est aussi une ville jeune et moderne. De nombreux étudiants y viennent pour étudier dans ses universités et écoles supérieures. Ce sont eux qui mènent la danse le vendredi soir. La rue principale, la Prospekt Miru, est alors investie par des petits groupes de jeunes ou des couples jouant à l’éternel m’as-tu.vu, avant de se rendre dans les discothèques ou les cinémas.
Tradition et modernité, tels sont les mots qui pourraient décrire l’esprit de Tchernigov. Ses parcs, son architecture, et son ambiance de petite ville sympathique en font une étape agréable de circuit.
Conseils restaurant à Tchernigov
Restaurant Dva Gusya (les deux oies) : situé sur la place principale, ce restaurant est le quartier général des étudiants. Son charme tient du fast-food, et il ne faut pas craindre les hits ukrainiens du moment qui passent en boucle sur la chaîne hi-fi. Mais les prix modiques et le wifi gratuit rendent le tout plus supportable. Fourchette de prix : inférieure.
Restaurant Predslava, vul. Pyatnitska : Ce restaurant a été pour nous le premier, dans lequel nous avons été accueillis par musique d’ambiance, table dressées et bougies. Ceux qui ont un faible pour les atmosphères romantiques comprendront comme quelques bougies allumées peuvent rendre une pièce agréable et chaleureuse. Une impression très positive, donc, qui fut confirmée par un service très accueillant. Ce que nous avons préféré : les plats, succulents, préparés à la commande. Fourchette de prix : moyenne.
Ouman, son parc et sa synagogue
24/03/2010 à 13:48 | Publié dans A propos de l´Ukraine - l'Ukraine centrale | Laisser un commentaireMots-clefs : juifs, nature, Ouman, parc, pèlerinage, Sofievka, synagogue, Ukraine, Ukraine centrale

Park Sofievka
Evoquer le nom d’Ouman au cours d’une discussion avec des Ukrainiens amène automatiquement à un « Ah, oui, c’est vrai, le parc Sofievka ! ». Car cette petite ville d’Ukraine centrale est devenue le synonyme du célèbre jardin botanique où le promeneur peut flâner en admirant les œuvres d’art disposées en son sein.
Ouman se situe à la tangente nord-sud la plus rapide d’Ukraine, la fameuse « autoroute » Kiev-Odessa. Cet emplacement idéal amène jour après jour des bus entiers de touristes à visiter le parc, où ils se dégourdissent les jambes quelques heures avant de reprendre la route. Le parc Sophievka est connu pour son jardin de style anglais ainsi que pour la multitude d’espèces de plantes venues des quatre coins du monde qu’on peut y admirer.
Ouman est également très connue dans les communautés juives. La raison de cette notoriété : au 18e siècle s’y développa sous l’égide du Rabin Nahman de Bratslav le mouvement hassidique du « Tzadik » (« juste » en hébreu), qui trouve jusqu’à aujourd’hui de nombreux adeptes parmi les juifs hassidiques. Oman est donc un lieu de pèlerinage pour de nombreux fidèles, qui se rendent régulièrement à l’endroit où où le rabbin Nahman de Bratslav vécut et est également enterré. Les pèlerins se rendent sur sa tombe et prient dans l’espoir que leur Tzadig, bien qu’il soit mort depuis des centuries, leur souffle des mots de conseil ou de réconfort.

La tombe du rabbin Nahman et la synagogue attenante
Ouman, le Woodstock juif
A Ouman, la plupart du temps, la vie coule comme un long fleuve tranquille, sans accroc et sans heurt. De nombreux habitants sont partis vivre à Kiev, en fait, seuls les vieux sont restés, et il n’y a que les touristes pour briser la monotonie quotidienne, ces touristes qui viennent au parc de Sophievka et repartent aussi vite qu’ils sont arrivés…
Mais… une fois par an, la ville change complètement de visage. A l’occasion de la fête de Roch Hachana (Nouvel An juif), des milliers de pèlerins y convergent pour prier, se rencontrer, et fêter ensemble la nouvelle année. Et ça brasse, ça bouge, ça déborde, car à cette fête se rendent jusqu’à 30 000 pèlerins venus du monde entier. Pendant les trois jours que dure la fête, les chambres d’hôtes et les salons sont pleines à craquer d’invités, les commerces tournent à plein régime.
Jusqu’à 3000 fidèles peuvent prier dans la synagogue flambant neuve située à proximité du Tzadig Nahman. La fête dure trois jours, puis les pèlerins repartent, et la petite ville retourne à sa torpeur monotone…
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