La deuxième guerre mondiale
09/03/2010 à 16:26 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | Laisser un commentaireMots-clefs : déplacement forcé de population, deuxième guerre mondiale, juifs, Sébastopol, Tatars de Crimée, Ukraine soviétique
Le 22 juin 1941, les troupes allemandes franchissent le fleuve frontalier Boug et tentent de contrôler le pays le plus rapidement possible en faisant usage d’une brutalité jamais vue. Hitler est persuadé que l’Union soviétique lui appartiendra dès lors qu’il prendra Moscou, et que cela doit se passer avant l’arrivée du terrible hiver russe. Kiev tombe en septembre, en octobre, Odessa, Sébastopol se défend âprement et est assiégée plusieurs mois par les nazis. Fin 1941, tout le territoire de la République soviétique d’Ukraine ainsi que la Crimée se trouvent aux mains des Allemands. Des millions de personnes ont déjà perdu la vie. Seulement voilà, Moscou n’est pas tombée, et les nazis s’engagent dans une guerre de position fastidieuse qui causera leur perte.
Pendant la deuxième guerre mondiale, l’Ukraine, tout comme d’autres régions de l’Union soviétique, sera mise à feu et à sang. Des millions de juifs ukrainiens seront pris dans la machine infernale de l’holocauste et massacrés de manière systématique. Des trains entiers de travailleurs forcés (environ 2 millions) seront déportés vers l’Allemagne pour y être exploités dans des conditions inhumaines. La population restée en Ukraine doit produire du blé et des légumes pour les troupes allemandes et travailler à la fabrication d’armes. On leur rationne la nourriture et leur laisse seulement à peine de quoi survivre. Les églises et les musées sont pillés, et de nombreux trésors culturels sont perdus à jamais. Les fonctionnaires du parti et les partisans sont tués de manière impitoyable. Celui qui ose s’élever contre le régime doit payer de sa vie, ou de celle de sa famille ou des habitants de son village. Mais il y a aussi des volontaires parmi les ukrainiens, qui formeront la division SS « Galicie » et se battront aux côtés des nazis.
Ce qui n’a pas été détruit en 1941 en Ukraine lors de l’invasion nazie le sera en 1944 lors du retrait des troupes allemandes, et ce par la « politique de la terre brûlée » pratiquée par Berlin. Dans les villages, ce sont les hommes et les bêtes qui sont enfermés dans la plus grande maison, à laquelle on met le feu. Le « Schienenwolf » (loup ferroviaire) est utilisé pour détruire une grande partie du réseau ferroviaire ukrainien, afin de ralentir l’avancée des troupes soviétiques. Les ponts et les usines sautent. Tout, enfin, qui pourrait être de quelqu’utilité à l’Union soviétique après la guerre, est éliminé.
Après la guerre, le bilan est lourd pour l’Ukraine : quatre millions et demie de morts, plus de deux millions de déportés, dix millions de sans-abris, des milliers de villages et des centaines de villes détruits. Proportionnellement, à chaque village détruit en France correspondent 250 en Ukraine. A Sébastopol, la ville fortifiée de Crimée, seules 9 maisons sont intactes. A la vue du désastre, Winston Churchill dira que la ville ne pourra pas être reconstruite, même en 50 ans.
Les prisonniers de guerre ukrainiens et les travailleurs forcés rentrent au pays après la guerre, mais sont pris à court par le procès injuste que leur fait le NKVD, qui les accuse d’avoir collaboré et trahi leur pays. En conséquence de ces « purges », des dizaines de milliers de personnes seront déportées en Sibérie ou disparaîtront dans les prisons soviétiques.
Déplacements forcés et expulsions
En 1945, lorsque les nazis sont enfin vaincus, les frontières de l’Europe sont redessinées, ce qui entraîne une vague de déplacement forcé de population et d’expulsions, qui touchera particulièrement l’Ukraine. En 1944, déjà, les Tatars de Crimée, accusés (à tort) d’avoir collaboré avec les nazis, sont déportés au Kasakhstan. De titanesques échanges de population ont lieu avec la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. Les survivants de l’Holocauste s’installent en Israël, fraîchement créé, ou en Amérique. Afin d’assurer la sécurité dans les territoires à fortes minorités nationales, celles-ci sont déplacées au cœur de l’Union soviétique, et remplacées par des citoyens soviétiques venant de Russie. Des millions de personnes sont ainsi déracinées.
Le but final de la politique de déplacement de population se rapproche très clairement d’une mise au pas de tous les peuples soviétiques au profit des russes. Ayant brisé l’équilibre précaire entre les différentes populations, elle est également la cause de tensions dans une grande partie de l’Ukraine.
Membre fondateur des Nations Unies (ONU)
A la fin de la Deuxième Guerre mondiales, les grandes puissances sont toutes conscientes de la nécessité de trouver une autre forme d’entente entre les peuples, afin d’éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent. Le résultat en est la création de l’Organisation des Nations Unies. La République soviétique ukrainienne signe le traité en tant que membre fondateur. Cette signature facilitera un peu plus tard, en 1991, son chemin vers l’indépendance.
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