Odessa – bien plus qu’un escalier…

23/03/2010 à 15:13 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
Mots-clefs : , , , , , , ,

Le fameux escalier qui servit de décor pour une scène du "cuirassé Potemkine" d'Eisenstein

Monument dédié à Catherine II, Odessa

Monument dédié à Catherine II, Odessa

… même si celui-ci reste tout de même un symbole fort de la ville. Car certains viennent à Odessa tout d’abord pour admirer « en vrai » le lieu où se joue la plus fameuse scène du fameux film d’Eisenstein « le cuirassé Potemkine ». Naturellement, Odessa, ville fondée par Catherine la Grande souvent injustement oubliée des sentiers touristiques traditionnels. La ville porte, tout comme Kherson, un nom grec lourd de signification, et a naturellement bien plus à offrir au voyageur en quête de nouvelles sensations.

L’histoire d’Odessa commence au 11e siècle. Elle fut tout d’abord une colonie, prise et détruite par les Coumans, un peuple de nomades turcophones. Par la suite, des slaves, puis des Ottomans s’y installèrent, jusqu’à ce que les Russes et les Cosaques ne viennent les en déloger. Un port militaire et commercial y fut construit, et la ville fut agrandie.

Les Français jouèrent aussi un rôle à Odessa. On peut y voir par exemple non loin de ce fameux escalier, sur le boulevard Primorskyj, la statue de son premier gouverneur, Armand Emmanuel du Plessis, duc de Richelieu, ou tout simplement « Richelieu » pour les odessites, émigré français ayant fui la Révolution, qui assuma la fonction de gouverneur de la ville pendant onze ans. Et ce n’est pas un Romain, malgré sa posture et le style décidément classique de la statue. Mais c’est que la ville porte décidément l’empreinte de l’époque du retour aux sources antiques, la Renaissance, qui a non seulement décidé de son nom, mais qui a également imprégné en grande partie son architecture. Les bâtiments, le long de ses larges boulevards ombragés, donnent une idée de la majesté de l’Odessa du 19e siècle.

L’un des bâtiment les plus impressionnants est l’ancienne résidence du prince Mikhail Semionovich Vorontsov (1782-1856) avec sa façade à colonnes, construit en 1829 à partir de la structure de l’ancienne centre culturel des marins. fondé en 1880.

A voir absolument également si vous vous rendez à Odessa, l’opéra, entièrement reconstruit entre 1884 et 1887, construit sur le modèle de la Scala de Milan, et le Passage d’Odessa, une galerie marchande du 19e siècle, qui par mauvais temps invite à la flânerie et au shopping.

De nombreux facteurs ont forgé le visage si particulier d’Odessa. Parmi eux, une multiculturalité présente depuis toujours. En effet, depuis sa fondation, de nombreux peuples et ethnies s’y étaient établis. Des Grecs, mais aussi des Juifs (considérés dans l’empire Russe comme un peuple), des Italiens, des Turcs, des Polonais, et bien sûr des Ukrainiens et des Russes. Pour contenter les adeptes des différentes confessions, on construisit de nombreux édifices religieux. Leur nombre s’éleva à 65 à la fin du 19e siècle, dont 11 synagogues.

Les artistes et intellectuels ont toujours été attirés par l’atmosphère magique de cette perle de la mer Noire. Adam Mickiewicz et Vassili Kandinsky y élurent domicile, Alexandre Pouchkine y fut envoyé en exil, le jeune Mendeleïev enseigna dans un de ses lycées, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov et Chaliapine travaillèrent à son opéra, Ilf et Petrov, fameux auteurs satiriques soviétiques et auteurs du « mystère des douze chaises », qui fut ensuite adapté au cinéma, y résidèrent, tout comme Isaak Babel et Valentin Kataïev.

Sur le boulevard Primorski

Sur le boulevard Primorski

Conseils restaurant à Odessa

Amis et Bière (Druzja i Pivo), Deribassovskaya ul. Petit bar sympathique situé dans la partie plus calme de la rue principale d’Odessa. Bonne musique et atmosphère détendue, quartier général des Allemands d’Odessa. Fourchette de prix : moyenne.

Restaurant Vassilissa, Gavannaya ul. Authentique cuisine russe et spécialités d’Odessa. Atmosphère rustique et plats succulents. Fourchette de prix : supérieure.

Brasserie Noerdlinher (Pivni Dom), Preobrazhenskaya ul. Entre les magasins de design d’une des rues les plus animées de la ville et les temples culinaires pour gourmets se cache une brasserie, qui en principe ne devrait pas se trouver là. Avec son intérieur rustique et brut de coffre et ses prix modiques, la brasserie se présente sous son vrai jour : une buvette. C’est ici que se retrouvent d’authentiques odessites, pour boire une bière entre amis, discuter de tout et de rien, et fumer et se détendre. Celui qui veut faire la connaissance d’Ukrainiens dans leur contexte quotidien frappe ici à la bonne porte. Fourchette de prix : basse.

Dobre Pivo, Kanatnaya ul. Restaurant pittoresque dans le style d’un café pragois, atmosphère calme et détendue. Notre coup de cœur : les chachliks ! Le meilleur grill d’Odessa ! Fourchette de prix : moyenne.

Petite histoire de la Crimée

17/03/2010 à 12:24 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
Mots-clefs : , , , , , ,
forteresse gênoise de Soudak

La forteresse gênoise de Soudak en Crimée

La Crimée a, depuis la nuit des temps, de part sa position économique, géographique et stratégique ainsi que son climat clément, fait l’objet de nombreuses convoitises. Le nombre de peuplades de religions et cultures différentes, qui y ont posé le pied au cours des trois derniers millénaires en témoigne. Il y a très longtemps, les Cimmériens et les Taurins furent les premiers à la coloniser. Ils furent cependant bientôt repoussés par les cavaliers Scythes. Par la suite, Grecs, Romains, Alains, Sarmates, Goths, Huns et Khazars conquirent et peuplèrent la presqu’île.

En 988, Volodymir (Vladimir), prince de Kiev envahit la Crimée, épousa la sœur de l’empereur byzantin Basile II, se convertit au christianisme, et posa la première pierre d’une église russe orthodoxe. C’est aussi à cette époque, en raison de l’intensification du commerce, dont certaines routes passaient par la Crimée, que des marchands vénitiens, arméniens et gênois construisirent des fortifications dont on trouve encore les vestiges aujourd’hui.

Une autre date clé de l’histoire de la région est l’année 1300, qui vit les cavaliers mongols déferler sur l’Europe, conquérir la Crimée et instaurer l’islam comme religion principale pour plusieurs siècles. Peu après, en 1427, à la suite de la défaite de la Horde d’Or fut créé par les Tatares le Khanat de Crimée avec pour capitale Bakhchisarai, qui resta pendant les trois siècles suivant un centre important de pouvoir dans la région.

La fin de la guerre russo-turque en 1774 et le traité de Kutschuk-Kaïnardji marqua la fin d’une certaine indépendance de la Crimée. La région, finalement annexée par l’Empire russe grâce à la victoire finale du Prince Potemkine en 1783, fut déclarée par l’impératrice Catherine la Grande « terre éternellement russe ». A la suite de cette annexion, une grande partie de la population tatare alla se réfugier dans l’empire Ottoman. Parallèlement à cette russification de fait, les tatares étant devenus dès lors minoritaires, l’impératrice favorisa l’implantation de colons venus d’Europe de l’Ouest, ce qui modifia et enrichit le visage culturel de la Crimée de nouvelles facettes. Les années suivantes furent le théâtre de nombreux conflits entre Russes et Ottomans, qui aboutirent à la Guerre de Crimée de 1853 à 1856, lors de laquelle les Russes durent faire face à l’Empire Ottoman à l’aube de son déclin et à ses alliés britanniques, français et sardes. Le but de la coalition, lors de ce qui fut considéré comme la première guerre de tranchées de l’histoire mondiale, était de contrer les appétits d’expansion de l’Empire russe en Europe du Sud-est.

Extraits du panorama de Sébastopol

Extraits du panorama de Sébastopol

Malgré la défaite de l’Empire russe, la guerre de Crimée est vue jusqu’à nos jours en Russie de manière très positive, et est considérée comme l’un des symboles de l’héroïsme russe. En effet, les troupes russes résistèrent à Sébastopol pendant 349 jours, avant de devoir se résigner à abandonner la ville complètement détruite.

De même que la plupart des régions d’Europe, la Crimée connut dès le milieu du 18e siècle un développement économique intense. A la suite de la révolution industrielle, la première ligne de chemin de fer y fut érigée en 1875, la flotte russe fut reconstruite, et la population de la Crimée doubla. A cette époque, la Crimée s’imposa aussi comme l’une des régions thermales les plus importantes de Russie. En 1905, le pouvoir du tsar vacilla lorsque des matelots mécontents se rebellèrent et organisèrent une mutinerie sur le cuirassé Potemkine, mouillant à l’entrée du port de Sébastopol, déclenchant la Révolution de 1905-1907.

Après la révolution de 1917, la Crimée connut les affres de la guerre civile. Des années durant, ni les révolutionnaires bolchéviques, ni les russes blancs restés fidèles au tsar ne parvinrent à en prendre le contrôle. Ce n’est qu’en novembre 1920 que l’Armée Rouge, sous la conduite de Mikhaïl Frounze, chassa les derniers combattants blancs de la presqu’île. Sous le règne de Staline, la politique de déportation systématique des minorités autochtones de Crimée mise en œuvre dès le début des années 20 se poursuivit, avec pour but de contrer toute velléité de résistance au pouvoir russe des minorités par une russification accélérée de la population. En conséquence de cette nouvelle vague de russification forcée, dix mille familles tatares furent déportées en Sibérie et en Asie Centrale.

A l’automne 1941, les troupes d’Hitler marchant sur la Russie envahirent la presqu’île. Seule la forteresse de Sébastopol put être conservée par l’Armée Rouge, qui réussit à résister à 250 jours de siège avant d’abandonner la ville. La Crimée fut reconquise en 1944 par l’Armée Rouge au terme de combats sanglants, durant lesquels la ville de Sébastopol fut réduite en cendres. Seules 9 maisons restèrent intactes. Churchill lui-même s’en émut lorsqu’il visita la ville en 1945 en marge de la conférence de Yalta, et déclara qu’il ne faudrait pas moins de 50 ans à la ville pour se relever. Staline, pris au vif, déclara la reconstruction de la Sébastopol comme priorité nationale et y parvint en cinq ans au prix de privations et d’efforts surhumains. Dès 1945, il décerna à la ville le titre de ville-héros de l’Union Soviétique. En qualité de base principale de la flotte de la mer noire, l’accès à Sébastopol fut longtemps interdit aux étrangers.

Peu après la libération de la Crimée, Staline y ordonna une nouvelle vague d’épuration, pour motif que les populations tatares et d’autres minorités auraient collaboré avec les nazis. Ce qui causa la déportation de 20 000 personnes supplémentaires. La presqu’île était dès lors presqu’entièrement russifiée.

A l’occasion des 300 ans de la signature du traité de Pereïaslav, par lequel, du point de vue russe, l’Ukraine se rattacha à l’Empire russe, le premier secrétaire du Parti communiste Nikita Khrouchtchev offrit avec générosité la Crimée à la République soviétique d’Ukraine. Cet acte se révéla d’une importance capitale après l’indépendance de l’Ukraine en 1991, lorsque la Russie se vit menacée de perdre l’une de ses régions stratégiquement les plus importantes.

Depuis les années 90, les mouvements autonomistes sont très forts en Crimée, soutenus par une majorité de la population pro-russe. Parallèlement, le retour des populations tatares, déplacées pour la plupart en Asie Centrale, crée également des conflits d’ordre social. Des programmes de soutien à l’intégration de la minorité tatare ont été créés, population qui est à présent également représentée au Parlement de Crimée.

A l’heure actuelle, la Crimée est redevenue la destination de vacances préférée des Ukrainiens. Des paysages grandioses, la mer Noire et de nombreuses possibilités d’excursions attirent aussi de plus en plus de touristes étrangers. Cela peut parfois conduire à des bains de foule, qui n’ont plus rien à voir avec de vraies vacances en Crimée. C’est pourquoi nous vous conseillons de visiter la Crimée en basse saison, d’avril à juin et de septembre à octobre. Vous aurez des températures relativement estivales et il sera déjà/toujours possible de se baigner dans la mer Noire.

Le climat en Crimée

17/03/2010 à 12:11 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
Mots-clefs : , , , ,
sur la plage

sur la plage

Le climat de Crimée peut être divisé en trois zones : la zone steppique, la zone côtière méridionale et la zone montagneuse entre les deux.

Dans la zone steppique au nord et au centre de la Crimée, et jusqu’au pied des montagnes, on trouve un climat plutôt continental. Les températures moyennes en hiver sont en-dessous de 2°C, en été par contre, les températures peuvent monter très haut. Le total des précipitations tout au long de l’année est peu important.

Sur la bande côtière au sud, le climat est méditerranéen et très ensoleillé. Il fait en moyenne 4°C l’hiver et 26°C l’été. Des précipitations sont à prévoir en général en hiver et au printemps. La température moyenne de l’eau pendant les mois d’été est de 24°C et se maintient à ce niveau jusqu’en octobre.

Les meilleures périodes pour voyager en Crimée sont de début mai à fin juin, et de début septembre à début octobre. A ces périodes, les températures sont de plus de 20°C, donc très agréables, et vous éviterez ainsi les canicules de juillet-août, pendant lesquelles la température extérieure peut monter au-dessus de 40°C. Les montagnes connaissent plus de précipitations en été. La température moyenne en été y est de 18°C.

vue sur la mer Noire

vue sur la mer Noire

Crimée, terre de vins

15/03/2010 à 11:19 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
Mots-clefs : , , , , , , , , ,

Portail d'entrée du domaine de Koktebel

Les origines du vin de Crimée

Les premières vignes furent plantées dans l’Antiquité par les Grecs sur la presqu’île, mais c’est au 19e siècle que remonte la véritable tradition vinicole de Crimée.

A cette époque-là, le prince Mikhail Semionovitch Vorontsov, alors  gouverneur général de la région de Novorossiïsk et grand amateur de vins, créa le premier domaine vinicole de la presqu’île en faisant planter des vignes dans sa propriété d’Aloupka. En 1928, il ordonna la création d’un établissement étatique expérimental à Magaratch (qui signifie source), dans les environs du jardin botanique de Nikita. A Magaratch devaient être étudiées différentes techniques d’amélioration des vignobles et de production du vin, afin de permettre la plantation massive des meilleurs cépages dans la région. Sur une surface de 6 desiatinki (soit environ 43 hectares) furent plantées 4000 pieds de vigne de type pinot franc de bourgogne, petit verdot, gros verdot, malbec et merlot. L’un des premiers scientifiques à s’installer à Magaratch à la demande de Vorontsov fut le français Franz Gasquet, ainsi que son assistant Anastase Serbulenko. Ils se donnèrent pour tâche de produire un vin de bonne qualité, vieillissant bien, sans forcément s’attarder sur le fait que son goût rappelle un vin produit autre part. Privilégiant la qualité, le prince Vorontsov ordonna de ne conserver que les meilleurs vins, les autres devant être vendus immédiatement après leur mise en bouteille. Trois ans après sa production, chaque sorte de vin conservée devait être à nouveau goûtée et analysée, afin de déterminer sa durée optimale de conservation, et seules quelques bouteilles des meilleurs crus devaient être entreposées dans la cave du domaine. C’est ainsi que fut créée la fabuleuse collection de vins de Magaratch, qui compte aujourd’hui 21 651 bouteilles de quelques 3 200 différentes sortes de vin, dont un muscat rose datant de 1836, enregistré dans le Guinness des records comme étant le vin le plus ancien produit en Russie et conservé jusqu’à nos jours.

La terre ensoleillée de Crimée se révéla être optimale pour la production de vins liquoreux et aromatiques. Les muscats, entre autres, produits exclusivement les années particulièrement favorables, s’avérèrent être de très bonne qualité. Afin d’augmenter le taux de sucre dans les raisins, chaque grappe était relevée et les pieds de vignes taillés avec un ciseau spécial, selon une méthode utilisée en Grèce antique.

Un laboratoire œnologique

En 1871, un chimiste de renom, Alexandre Salomon, s’établit au domaine, ce qui fut le point de départ de la création d’un laboratoire œnologique. Les premiers élèves à être accueillis dans ce laboratoire furent dix garçons venant d’un orphelinat de guerre. Par la suite, seuls des étudiants lettrés furent admis dans cette sorte de pensionnat, où pour 50 roubles par an étaient révélés les secrets et le savoir-faire de la viticulture. Dans ce laboratoire furent formés de nombreux spécialistes, qui trouvèrent par la suite du travail dans des exploitations privées, ce qui permit d’améliorer les techniques de production de vin dans toute la Crimée. Les vins de Magaratch contribuèrent sans aucun doute à la renommée des vins de la presqu’île. En 1873, par exemple, lors de l’exposition Universelle de Vienne, les traminers, muscats et pinots gris de Magaratch furent récompensés par de nombreux prix.

La deuxième et troisième génération de savants installés au laboratoire de Magaratch se penchèrent sur le développement de techniques de production rendant la qualité du vin  moins dépendante des conditions climatiques. Ils améliorèrent leurs techniques de vinification, ce qui aboutit à la production de muscats, madères, sherrys et portos caractéristiques, dont le processus de fabrication n’a quasiment pas changé jusqu’à nos jours. En 1940, après une grande consultation, les viticulteurs et les œnologues s’accordèrent sur le fait de n’exploiter principalement que huit sortes de raisins, le choix définitif du lieu où planter les cépages prenant en compte les caractéristiques climatiques et d’exposition des différentes parties de la presqu’île.

Au temps de l’Union soviétique, des filiales du laboratoire de Maragatch furent créées en Russie, Moldavie Biélorussie et dans le reste de l’Ukraine.

Aujourd’hui, de nombreux jeunes chercheurs viennent à Magaratch pour étudier les nombreux documents d’époques et études historiques conservés parmi les 104 400 tomes que contient la bibliothèque du domaine.

La fameuse cave de Massandra

La fameuse cave de Massandra

Koktebel

C’est également grâce à la volonté d’un passionné, Edouard Andreevitch Younguié que fut créé le domaine vinicole de Koktebel en 1879. Son fils, Alexandre Edouarovitch, voyagea en France, en Espagne, en Italie et en Allemagne pour étudier la viniculture, afin d’améliorer la production de vin du domaine familial. Le domaine de Koktebel est aujourd’hui réputé pour ses vins d’origine contrôlée de très bonne qualité et pour ses cognacs.

Le champagne de Crimée

La première cave à champagne, elle, fut créée en 1878 par le prince Léon Golitsyne, aujourd’hui appelé le « roi du vin russe ». Le prince parcourut tout l’Empire russe avant de jeter son dévolu sur la Crimée. Il donna le nom de « Novy Svet », Nouveau Monde, au domaine, en référence à la découverte de l’Amérique. Cet amateur de mousseux tint à reproduire à Novy Svet la méthode classique d’élaboration du champagne inventée par le moine bénédictin Dom Pérignon au 17e siècle. La méthode classique de mise en bouteille du champagne mise en œuvre à Novy Svet était caractérisée par trois étapes. Le vin, disposé dans des bouteilles à champagne, était tout d’abord conservé un à trois ans à une température de 12 à 14°C. Ensuite, lors de l’étape dite du « remuage », les bouteilles étaient disposées pendant trois mois sur un pupitre, goulot vers le bas, afin d’en faire descendre les lies. Ces lies étaient dans un troisième temps éliminées. Cette méthode délicate nécessitait l’emploi de cépages de qualité exceptionnelle. A Novy Svet furent plantés des cépages de type pinot, aligoté, cabernet et riesling rhénan, ainsi que, dans un vallon particulièrement protégé, les vignes dites « du sacre », desquelles fut produit le champagne destiné à la table de parade lors des festivités organisées Moscou en 1896 à l’occasion du sacre du tsar Nicolas II de Russie. Ce champagne à qui l’on donna le nom de « Paradisio » remporta le Grand Prix de la Coupe, le prix le plus prestigieux, lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1900.

La Vallée du soleil

Non loin de Soudak se trouve une vallée particulièrement bien protégée, où un climat particulièrement favorable permet la plantation de raisins délicat. Il s’agit de la Vallée du soleil, connue aujourd’hui pour ses vins liquoreux. C’est également au prince Golitsyne que l’on doit la création à cet endroit de la cave « Arkhadesse », qui fut ultérieurement acquise par le fils du dernier chancelier de Russie,  A. M. Gontsharov. Cette cave servit ensuite de modèle pour de nombreuses autres, comme pour celle de Massandra par exemple. La Vallée du Soleil est le seul endroit au monde où il est encore possible de trouver certaines vignes très anciennes, par exemple des vignes de type Ekim kara, desquelles sont produites le fameux vin « tchiornyï doktor », le docteur noir, Djevat kara, Kefessia et Kok pandas.

Les caves de Massandra

Les caves impériales

C’est en 1892 que le prince Golitsyne acquit des terres à proximité du village de Massandra, où dans le passé la femme du prince Vorontsov possédait également une propriété, afin de construire une immense cave à champagne, qui fut achevée en 1897. Il était possible de conserver dans cette cave 250 000 décalitres de vin en tonneaux ainsi que 1 000 000 bouteilles. Chaque année, en août, fut organisée une immense foire aux vins. L’empereur Nicolas II visita Massandra deux ans après l’inauguration de la cave, en 1889, et depuis lors, le meilleur vin produit à Massandra fut réservé à la consommation de la cour du tsar. Les vins produits à Massandra restent jusqu’à aujourd’hui très réputés, notamment ses portos, sherrys et madères.

A l’époque soviétique, de nombreux domaines furent transformés en kolkhozes ou sovkhozes. Si aujourd’hui la plupart des domaines sont spécialisés dans la production de cognacs, de vins forts et sucrés ou de vins de tables, chaque exploitation a pourtant su garder sa propre caractéristique.

Alliez plaisir et découverte, visite informative et dégustation et laissez-vous surprendre vous aussi par l’incroyable richesse des vins de Crimée en visitant les nombreux domaines, caves et salles de dégustations de la presqu’île, où vous pourrez trouver, parfois en exclusivité, des vins originaux et de caractère qui ne vous laisseront pas indifférents.

Koktebel

04/10/2009 à 17:22 | Publié dans A propos de la Crimée | Un commentaire
Mots-clefs : , , , ,
Koktebel, la montagne Kara- dag, Région vinicole de la vallee du soleil

Koktebel, la montagne Kara- dag, Région vinicole de la vallée du soleil

Un peu à l’écart de la route principale entre Soudak et Koktebel se trouve la région viticole de la Vallée du Soleil, dont la cave jouissait déjà à l’époque soviétique d’une très bonne réputation. Les spécialités des caves du « général noir » et du « docteur noir » sont très demandées par les amateurs de vin d’Europe de l’Est. Ce sont des vins et fruités, souvent aromatisés avec les baies de la région, et présentant parfois un arôme rappelant le chocolat fondu. Vous êtes naturellement invités à venir déguster !

En traversant les domaines viticoles, le voyageur atteint la petite ville côtière de Koktebel, située au pied du massif de Karadag. Entourée d’une nature luxuriante et de plages féeriques, Koktebel charme par son style oriental et son atmosphère particulière, due à sa tradition plus que centenaire de lieu de villégiature d’artistes.

Le personnage le plus remarquable y ayant élu domicile est le peintre, poète et sculpteur symboliste Maximilian Volochine. Volochine, qui résida à Koktebel de 1916 jusqu’à sa mort en 1932 rassemblait régulièrement à son domicile d’éminents artistes et scientifiques. Mikhaïl Boulgakov, Maxime Gorki, Alexeï Tolstoï et Marina Tsvetaieva comptèrent parmi ses invités.

Aujourd’hui, dans l’esprit que voulut lui insuffler Volochine, Koktebel reste un centre culturel important en Ukraine, où sont organisées régulièrement des expositions, des lectures et des conférences.

Soudak et Novy Svet

04/10/2009 à 17:11 | Publié dans A propos de la Crimée | 3 commentaires
Mots-clefs : , , , , , ,
Forteresse de Soudak, Novy Svet, cave à champagne

Forteresse de Soudak, Novy Svet, cave à champagne

En partant d’Alouchta, notre chemin nous mène par des cols escarpés à Soudak. Le visiteur est accueilli par une vue sur la forteresse de Soudak se dressant au-dessus de la mer. Cette forteresse, visible de très loin, est l’emblème de cette petite ville, dont la fondation remonte au 3e siècle ap. JC. La forteresse, s’étendant sur 30 ha, a été construite par des marchands gênois en 1385.

En faisant encore quelques kilomètres vers le sud-ouest, on atteint Novy Svet. Au milieu de la nature se trouve la première cave à champagne de Russie, fondée en 1878 par le prince Léon Golitsyne, qui lui donna le nom de « nouveau monde » (Novy Svet) en référence à la découverte de l’Amérique. Golitsyne avait la prétention de vouloir produire un vin mousseux de la même qualité que le champagne français et bien vite, on parla du champagne de Crimée dans tous les cercles de gourmets du monde. Par la suite, le champagne produit à Novy Svet fut primé maintes fois lors d’expositions mondiales.

Par une visite au musée attenant à la cave, vous aurez la possibilité de vous informer de l’histoire et du processus de production de ce mousseux. Une dégustation est aussi prévue, afin de familiariser les visiteurs aux différentes sortes de champagne de Crimée produits ici.

Même si aujourd’hui beaucoup de mousseux dans le commerce portent le nom de champagne de Crimée, c’est seulement ici, à Novy Svet, qu’est produit le vrai.

Non loin de là, sur le sentier Golitsyne, vous aurez une des plus belles vues sur la Crimée : la crique azurée avec la grotte Schaliapine et la plage impériale.

Nikita et Goursouf

04/10/2009 à 16:02 | Publié dans A propos de la Crimée | Un commentaire
Mots-clefs : , , , , , ,
En Goursouf, a la route au datcha de Tchékhov

A Goursouf, sur la route menant à la datcha de Tchékhov

Vous ne regretterez pas la visite du jardin botanique de Nikita. Avec ses nombreuses espèces florales parfois uniques, c’est l’un des plus remarquables du monde. Des hauteurs abruptes des montagnes de Crimée au bord de la mer noire, vous pourrez découvrir, en vous promenant à travers 4 zones climatiques, et sur une superficie de 1100 ha, plus de 20 000 espèces de plantes provenant du monde entier. La fierté du jardin de Nikita est bien entendu sa roseraie unique au monde.

Un petit détour en rentrant à Alouchta mène le voyageur à Goursouf. Dans cet endroit paradisiaque se trouve, à deux pas de l’ancien camp pour jeunes pionniers « Artek », un musée consacré à Alexandre Pouchkine, qui y séjourna en 1920, ainsi que l’ancienne datcha du dramaturge Antoine Tchékhov, qui fait office aujourd’hui de succursale du musée de Yalta.

Massandra

04/10/2009 à 15:51 | Publié dans A propos de la Crimée | 2 commentaires
Mots-clefs : , , , , ,

Choix de vins produits à Massandra

Découvrez un autre lieu riche en impressions : il s’agit de Massandra, le fameux domaine vinicole, sur la route entre Yalta et Alouchta. En 1894, le prince Léon Golitsyne y fit construire une cave aujourd’hui réputée, pour la consommation personnelle de la cour du tsar. C’est dans les catacombes de Massandra que sont entreposés les meilleurs crus de vin blancs et rouges de la Crimée. A Massandra sont produits une cinquantaine de vins, parmi lesquels des portos, sherrys et madères bien connus en Europe de l’Est. Vous avez naturellement la possibilité lors d’une dégustation, d’apprécier et éventuellement d’acheter des vins secs remarquables. Chaque année en octobre, une grande foire aux vins est organisée par les caves de Massandra.

A voir absolument, le palais de Massandra, situé dans les hauteurs. Ce palais construit au 19e siècle dans le style de la Renaissance française, abritant aujourd’hui un petit musée, servit au cours de l’histoire de résidence d’été pour les tsars, puis pour d’éminents membres du Parti communiste.

Alouchta

04/10/2009 à 15:48 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
Mots-clefs : , ,
La cote de Mer Noire chez Alouchta

vue sur la Mer Noire depuis Alouchta

La ville thermale d’Alouchta est un des nœuds de communication principal de la Crimée. La ville se trouve en effet à la croisée des routes menant aux principales stations balnéaires de la côte sud et celle venant de Simféropol.

Aloutcha est le point de départ de nombreuses excursions dans les massifs de Demedchi et du Tchatyrdag, dans lesquels se trouvent certaines des plus belles grottes de Crimée, ornées de concrétions diverses : stalagmites, stalactites etc.

Gaspra, Koreiz, Michor et Ai Petri

23/09/2009 à 07:16 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
Mots-clefs : , ,
Gaspra, Koreiz, Michor - les bains de Crimee

Gaspra, Koreiz, Michor - les bains de Crimée

A la gauche du cap Ai Todor se trouve la région aux températures les plus clémentes de la Crimée. Des sols riches en matières minérales, une situation idéalement exposée au sud et un ensoleillement exceptionnel en font l’endroit idéal pour la viticulture. A la fin du 19e et au début du 20e siècle, de nombreux parcs et palais furent construits pour le plus grand bonheur de la haute société russe, qui vint ici s’y reposer. Beaucoup furent utilisés comme sanatoriums à l’époque soviétique. Le palais du prince Golitsyne à Haspra, dans lequel l’écrivain russe Léon Tolstoï résida trois années entières, le palais du prince Yousopov à Koreiz et le palais du comte Narychkine à Michkor méritent particulièrement le détour.

De Michkor existe la possibilité d’atteindre le Mont Saint-Pierre (Ai-Petri) à l’aide du plus long téléphérique d’Europe. En haut, une vue grandiose sur la côte sud de la Crimée vous attend.

Page suivante »

Bloguez sur WordPress.com. | Thème: Pool par Borja Fernandez.
Entries and comments feeds.