Le sud-est de l’Ukraine. L’oblast de Donetsk, tout en contrastes

21/06/2010 à 16:19 | Publié dans A propos de l'Ukraine - l'Ukraine orientale | Laisser un commentaire
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Monastère masculin de la Dormition, Sviatogorsk

Monastère masculin de la Dormition, Sviatogorsk

La région montagneuse située au nord de Donetsk, avec ses forêts touffues, ses ravins et ses falaises est qualifiée par beaucoup d’Ukrainiens de « petite Suisse de Donetsk » et est l’un des lieux de détentes les plus populaires de l’Ukraine orientale.

On trouve dans la « réserve naturelle pour la géologie et la botanique », située dans cette « petite Suisse de Donetsk », quantité de plantes rares. Et ce n’est pas tout : car ce territoire pittoresque de 295 hectares, situé sur la rive gauche du fleuve « severnyj Donetsk », recèle bien d’autres trésors et curiosités que nous aimerions vous faire découvrir ici.

Sviatogorsk

La pittoresque Laure de la Dormition de la Mère de Dieu, située à flanc de montagne, a été construite sur le même modèle que la Grande Laure de Kiev. Elle aussi présente un dédale de labyrinthes, grottes souterraines, cellules et voûtes. Dans ce monastère sont conservées de nombreuses reliques.

La construction du monastère et de son remonte au 13e siècle. A cette époque, des moines orthodoxes fuyant Kiev y trouvèrent refuge, creusèrent des grottes et des tunnels dans le calcaire, et construisirent un mur de pierre pour se protéger des envahisseurs mongols. Du 17e au 19e siècle, le monastère fut agrandi et fortifié.

Le climat de cette région est particulièrement vivifiant, et ses propriétés thérapeutiques sont connues depuis de nombreuses années. Il s’en est fallu de peu que les bolchéviques s’emparent de la Laure et la transforment en maison de repos et sanatorium.

Aujourd’hui, le monastère de Sviatogorsk est un monastère masculin bien établi, où viennent chaque année en pèlerinage des centaines de milliers de fidèles. Dans l’enceinte du monastère se trouvent entre autres l’église St Nicolas datant du 17e siècle, la cathédrale Uspenski (1859-60), des cellules monastiques d’origine (1887), et qui sont utilisées jusqu’à aujourd’hui, un passage souterrain du 17e siècle, un pavillon pour pèlerins et des tours datant du 19e siècle.

En 2005, le monastère reçut de l’Eglise orthodoxe ukrainienne le statut de « Laure ». Ce titre honorifique reconnaît à ce monastère une importance religieuse du même ordre que celle de célèbres monastères russes-orthodoxes, comme la Grande Laure de Kiev et le monastère de Potchaev.

Eglise de la succursale féminine de la Laure de la Dormition, Sviatogorsk

Eglise de la succursale féminine de la Laure de la Dormition, Sviatogorsk

Mousseux de Crimée en-dehors de la Crimée – spécialités de l’Ukraine orientale

Lorsqu’E. Farke, homme d’affaire prussien, abandonna voici 300 ans l’extraction de gypse dans la région, il ne lui serait jamais venu à l’idée de ce que ferait Staline de ses mines. Car en effet, dans les galeries abandonnées s’enfonçant parfois jusqu’à 80 m sous terre, fut construit un immense cellier, qui est encore utilisé aujourd’hui.

Les vins et mousseux sont ici entreposés dans l’optique d’une méthode de fermentation en bouteille particulière, appelée « artiomskoe » ou « de Crimée ». Cette dernière appellation suscite actuellement un débat passionné, car la ville d’Artiomovsk ne se trouve absolument pas en Crimée, de même que les raisins pressés ici ne proviennent en aucun cas de la presqu’île en question. De grands producteurs de mousseux de Crimée, comme « Novy Svet » et « Massandra » revendiquent pour eux seuls l’appellation « mousseux de Crimée » et réclament à cors et à cris la protection de cette marque que ne pourraient utiliser que des caves et domaines de la région.

La cave à mousseux d’Artiomovsk est l’un des plus grands producteurs européens de mousseux. La méthode de production utilisée, issue de la grande tradition française, l’emploi de nouvelles technologies ainsi que d’un outillage moderne, y permettent la production d’un mousseux dont la qualité n’a rien à envier à celle des meilleurs producteurs du monde entier. L’un des secrets de la qualité de ce vin est encore le microclimat régnant dans les caves souterraines, où se déroule le processus de fabrication. Il est possible de découvrir ce microclimat exceptionnel ainsi que de se convaincre de la qualité du mousseux d’Artiomovsk par une visite suivie d’une dégustation.

musée en plein air, Predleznoe

musée en plein air, Predleznoe

Le musée d’architecture populaire Predleznoe

Dans les environs de Slovyansk, ne ratez pas le musée en plein air, situé dans le village de Predleznoe. Ce petit musée, où on été reconstruites des chaumières traditionnelles de paysans donnent un bon aperçu de vie familiale paysanne en Ukraine orientale.

Soledar – Art et santé dans les mines de sel

A 120 km de Donetsk se trouvent les mines de sel de Soledar. S’enfoncer dans ses anciennes galeries d’exploitation invite à l’aventure, car là ont créé des artistes modernes d’étonnantes sculptures, qui sont aujourd’hui accessibles au public.

Chaque année est organisé dans ce décor insolite un festival international de musique classique. Bien plus que le décor exceptionnel, l’acoustique de la mine donne à la musique une résonnance particulière et au festival un charme sans pareille.

Dans les mines de Soledar se trouve également un institut de santé privé qui propose des cures pour guérir pneumonies, bronchites, asthmes et allergies. D’après les prospectus, même un court séjour dans les mines produira un effet positif et visible sur votre santé et votre vitalité !

Chapelle dans la mine de sel

Chapelle dans la mine de sel

Le parc paysager « Kloban Bik » (Kleban Byk)

Sur un territoire de plus de 2000 hectares se trouve le parc paysager de « Kloban Bik ». Son attraction principale est un parc géologique. Ici, où s’étendait la mer il y a quelques millions d’années, on rencontre à l’air libre des successions de strates de différents minéraux, ainsi qu’une flore et une flore exotiques, qui n’ont pu s’y développer que grâce aux conditions climatiques et géologiques hors du commun. Une autre particularité du parc est la présence de statues sculptées dans les roches, représentant des animaux où des personnages emblématiques de la région, comme les cavaliers scythes, qui la peuplaient autrefois.

Les réserves d’eau douce du parc alimentent toute la région.

kammianye mogily

kammianye mogily

Réserve naturelle des « tombeaux de pierres » (Kammianye mogili, Каменные Могилы)

Au sud de Donetsk, en allant en direction de la mer d’Azov, on trouve encore des vestiges des steppes tauriennes. Mai et juin sont les mois de floraison des stipes à feuilles pennées, caractéristiques des milieux steppiques d’Europe centrale, et le regard se perd à l’horizon au-dessus de la végétation en fleur.

Au-milieu de la steppe se dressent, inattendus, des amoncellements de pierres qui peuvent atteindre jusqu’à 80m de haut. Cet endroit fut il y a longtemps l’embouchure d’un fleuve menant à la mer Sarmate. L’eau, et plus tard le vent de la steppe, ont érodé et poli les pierres et creusé des ravines. Le résultat est assez impressionnant.

La forme des amoncellements de pierre ressemblant étrangement aux kourganes, tombes enfouies typiques de la région de la mer Noire a donné son nom à ces «  tombeaux de pierres ». Les habitants attribuèrent des propriétés magiques à cet endroit, et l’utilisèrent comme lieu de prière. Cette thèse est renforcée par les nombreuses « babas », statues de fécondités, qui y furent découvertes, et qui sont aujourd’hui exposées dans le parc.

Oujgorod – à l’ouest de l’Ukraine et au beau milieu de l’Europe

31/03/2010 à 10:31 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale | Laisser un commentaire
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Musée en plain air d'Oujgorod

Musée en plain air d'Oujgorod

Oujgorod est la ville ukrainienne située le plus à l’ouest de l’Ukraine et est la capitale de la Transcarpathie. Elle se trouve près des frontières hongroise et slovaque. On sent ici l’influence hongroise, qui fut plus tard austro-hongroise, ce qui est loin d’être étonnant, l’Empire ayant contrôlé pendant plusieurs siècles la région. Mais les hongrois ne furent pas les seuls à y laisser des traces : la Transcarpatie ayant été revenue en 1919 à la Tchécoslovaquie, on sent également des influences tchèques et slovaques dans l’architecture.

A ne pas manquer à Oujgorod : le quartier cubiste, un petit bijou architectural construit au début du siècle dernier et ayant gardé jusqu’à aujourd’hui son authenticité. Une autre curiosité de la ville est bien sûr le château d’Oujgorod, converti aujourd’hui en un musée assez intéressant sur l’histoire et la culture des Carpates. D’ici, vous serez à deux pas du Skansen, un musée en plein air qui vaut le coup d’œil, où l’on peut voir des fermes houtsoules et boyko reconstituées avec minutie, ainsi qu’une église en bois construite dans les règles de l’art de l’architecture des Carpates, qui fut construite sur un modèle original.

Par beau temps, n’oubliez pas d’aller vous promener sur les berges de l’Ouj, le long de la plus grande allée de tilleuls d’Europe. Vous pourrez ensuite flâner dans les rues piétonnes de la ville, ou bien vous reposer dans l’un de ses nombreux cafés.

La fameuse allée des tilleuls d'Oujgorod

La fameuse allée des tilleuls d'Oujgorod

Tchernihiv (russe: Tchernigov), berceau de la foi orthodoxe

24/03/2010 à 15:59 | Publié dans A propos de l'Ukraine - l'Ukraine orientale | Laisser un commentaire
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Eglise de la Transfiguration - Tchernigov

Cette ville située sur la rive droite de la Desna fut considérée pendant des centaines d’années comme LE centre de la foi orthodoxe. Car la ville, dès sa fondation, se développa comme une dangereuse concurrente de Kiev en phase de devenir la nouvelle capitale de la Rus.

Les premières découvertes archéologiques dans la région suggèrent la présence d’une colonie vers 6 000 av. J.C. Vers le milieu du 7e siècle de notre ère, les différentes colonies slaves fondées par les descendants des Vikings auraient été regroupées en un ensemble plus grand portant le nom de Tchernigov. La ville est évoquée pour la première fois en l’an 860 dans une liste de cités de la Rus tributaires de Byzance. Sur cette liste, Tchernigov figure déjà en deuxième position, juste derrière Kiev.

Le 11e siècle marque l’apogée économique et culturelle de la ville. Sa position intéressante en bordure de la Desna, sur la route nord-sud, en font un lieu de passage obligé et encourage le commerce. Des églises et cathédrales furent construites, les premières et plus importantes de la Rus à cette époque-là. Des colons très religieux s’y installèrent, creusèrent des monastères dans la terre, avec la ferme intention d’y vivre et d’y prier. C’est ainsi que furent érigés, de même qu’à Kiev, des monastères troglodytes. De cet endroit, les chefs spirituels orthodoxes russes délivrent des messages et donnent des conseils à toute la chrétienté.

La prospérité de Tchernigov dure jusqu’au 13e siècle. Puis en 1239, les Mongols prennent d’assaut la ville et ne laissent pas une pierre debout. La ville se remet peu à peu de la tourmente, mais ne retrouvera jamais sa force et importance d’avant.

Seule l’importance sur le plan religieux de Tchernigov reste intacte. C’est ainsi que sur les fondations du monastère troglodyte du 11e siècle sera construit au 17e siècle le monastère de la Trinité, qui se développera rapidement en centre significatif pour l’impression de livres, et deviendra par la suite le lieu de résidence de l’archevêque.

Tchernigov, tout comme d’autres villes ukrainiennes, change plusieurs fois de maîtres. Elle devient lituanienne, russe, polonaise, puis à nouveau russe. La ville reste un lieu de pouvoir pour la région, sera capitale de département au sein de l’empire russe, et plus tard le siège de l’administration de l’oblast.

Tchernigov, Tchernihiv, Monastère de la Trinité

Tchernigov, Tchernihiv, Monastère de la Trinité

Il est possible aujourd’hui de visiter les églises et monastères centenaires, magnifiquement restaurés. Le visiteur est interpellé de loin déjà par les coupoles dorées de la cathédrale de la Transfiguration du Christ, de la cathédrale Boris et Gleb et du monastère de la Trinité. La Laure de Tchernigov, qui a été également fondée par St Antoine l’Athonite peu après la grande Laure de Kiev témoigne encore aujourd’hui de la vie ascétique et imprégnée de spiritualité de ses moines.

Tchernigov est aussi une ville jeune et moderne. De nombreux étudiants y viennent pour étudier dans ses universités et écoles supérieures. Ce sont eux qui mènent la danse le vendredi soir. La rue principale, la Prospekt Miru, est alors investie par des petits groupes de jeunes ou des couples jouant à l’éternel m’as-tu.vu, avant de se rendre dans les discothèques ou les cinémas.

Tradition et modernité, tels sont les mots qui pourraient décrire l’esprit de Tchernigov. Ses parcs, son architecture, et son ambiance de petite ville sympathique en font une étape agréable de circuit.

Conseils restaurant à Tchernigov

Restaurant Dva Gusya (les deux oies) : situé sur la place principale, ce restaurant est le quartier général des étudiants. Son charme tient du fast-food, et il ne faut pas craindre les hits ukrainiens du moment qui passent en boucle sur la chaîne hi-fi. Mais les prix modiques et le wifi gratuit rendent le tout plus supportable. Fourchette de prix : inférieure.

Restaurant Predslava, vul. Pyatnitska : Ce restaurant a été pour nous le premier, dans lequel nous avons été accueillis par musique d’ambiance, table dressées et bougies. Ceux qui ont un faible pour les atmosphères romantiques comprendront comme quelques bougies allumées peuvent rendre une pièce agréable et chaleureuse. Une impression très positive, donc, qui fut confirmée par un service très accueillant. Ce que nous avons préféré : les plats, succulents, préparés à la commande. Fourchette de prix : moyenne.

L’entre-deux-guerres

09/03/2010 à 16:05 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | Laisser un commentaire
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Uzhgorod

Uzhgorod

Pour une partie de l’Ukraine, celle des Carpates ukrainiennes, partie intégrante de la Tchécoslovaquie à cette époque-là, s’ensuivit une période de paix et de prospérité. Cette paix sera en grande partie due à la masse de créances irrécouvrables que l’Empire Austro-hongrois dut rendre à la Tchécoslovaquie. Le gouvernement à Prague encouragea le développement culturel et économique de cette région reculée, et aida à la création notamment d’écoles ukrainienne, ce qui mena au développement de la société civile et à la création de partis politiques. La Tchécoslovaquie étant rayée de la carte par le traité de Munich en 1938, ce sont les Hongrois qui annexent les Carpates ukrainiennes, jusqu’à l’invasion soviétique en 1944.

En Pologne, les Ukrainiens représentent en nombre la minorité la plus importante, et ont donc l’occasion d’être représentés autant sur le plan culturel que politique. Des associations à but culturel et éducatif voient le jour, comme « Prosvita » (les Lumières) et « Ridna Skola » (l’école de la patrie) et forment un nouveau réseau éducatif à travers tout le pays. Des partis politiques ukrainiens défendent les intérêts des Ukrainiens au parlement. Cependant, les Polonais cherchent clairement à garder la main sur l’administration de ce territoire nouvellement acquis, et à imposer le catholicisme romain comme foi dominante. L’Ukraine polonaise se développe, mais son caractère profondément rural est un frein à un boom économique. Ces années de paix prennent fin avec le pacte germano-soviétique. Les troupes soviétiques envahissent la Galicie et la Volhynie en 1939, et ces deux régions faisant jusqu’alors part de la Pologne occidentale sont rattachées à la République soviétique ukrainienne.

Les parties de l’Ukraine actuelle revenant à la Roumanie, la Bukovina et la Bessarabie, avaient, elles, beaucoup moins de chances d’arriver à s’affirmer. La politique très rigide menée par Bucarest vis-à-vis de ses minorités nationales visait à assimiler complètement la population des nouvelles régions à la nation roumaine. C’est ainsi que les écoles ukrainiennes furent fermées ou roumanisées, la roumain fut introduit comme seule langue officielle et les journaux et associations culturelles ukrainiens furent interdits.

En Ukraine soviétique, les bolchéviques se concentrèrent sur l’adaptation de l’agriculture aux besoins de l’Union. Aussitôt après leur prise de pouvoir, ils mirent sur pied des commandos de réquisition passant dans les villages et confisquant aux paysans tout ce qui avait de la valeur. Ceci conduisit à des révoltes paysannes. Les champs furent délaissés, les récoltes mauvaises, et des dizaines de milliers de gens moururent dans la famine qui s’ensuivit. Ce ne fut qu’après plusieurs années, lorsque les bolchéviques assouplirent leur politique et laissèrent aux paysans également de quoi subsister et vendre sur les marchés, que la situation se décanta.

Pour rendre les habitants des régions nouvellement acquises plus concilliants, l’administration soviétique leur accorde une certaine autonomie culturelle, notamment par le fait de pouvoir conserver leur propre langue. La langue ukrainienne fut ainsi revalorisée, utilisée pour la première fois officiellement dans des écrits juridiques et économiques. En société, dans les écoles et les universités, l’utilisation de la langue ukrainienne est encouragée. Résultat de la collectivisation des terres et de l’industrialisation, l’ukrainien est redécouvert jusque dans les villages les plus reculés. Le nombre d’habitants ukrainophone augmente considérablement, car cette langue est parlée de plus en plus en Ukraine occidentale, et également par d’autres minorités de la République soviétique ukrainienne, qui la parlent parallèlement à leur langue maternelle.

La situation change radicalement au début des années 30. La prise de pouvoir par Staline signifie la chasse aux sorcières dans les propres rangs des soviétiques, la chasse aux « ennemis », auxquels appartiennent naturellement les nationalismes des Républiques soviétiques, dont l’autonomie est dans la foulée considérablement réduite. Car le nationalisme des petites nations fait ombre à la vision de la grande idée soviétique. La guerre est à nouveau déclarée à la culture ukrainienne. Les cours sont à nouveau donnés en russe, à vrai dire, tout le monde parle russe dans la sphère publique. Les hommes politiques, économistes, artistes et professeurs qui tentaient auparavant de promouvoir la langue ukrainienne sont révoqués ou démissionnent eux-même. Les purges de 1937, signifiant déportation, exil, exécutions, déciment les rangs de l’intelligentsia ukrainienne, qui trouvent des remplaçants dans les rangs russes. Les églises sont fermées, pillées, réutilisées à des fins profanes, ou sont détruites. En Ukraine occidentale, transformé progressivement en grand centre industriel, ce sont des ingénieurs et des ouvriers russes qui s’installent, apportant avec eux leur langue et leur culture, accélérant la russification de la région. Les années 30 sont aussi le théâtre de la terreur du régime envers les paysans pour les pousser à la collectivisation et étatisation forcée du secteur agraire, provoquant une famine aux dimensions inimaginable, l’Holodomor.

Dans tous les territoires revenant aux mains des soviétiques par traités ou annexions se déroule le même scénario fait d’emprisonnement, déportation, exécution des têtes pensantes, et de collectivisation forcée.

La grande terreur dura jusqu’au début des années 40. Elle apporta le malheur pour des millions de familles et priva le pays d’une grande partie ses hommes et femmes les plus compétents. Dans les années qui suivent Staline se trouve aux commandes d’un appareil étatique bien roué, s’appuyant sur des bureaucrates bien mis au pas et souvent incompétents, les apparatchiks. L’Ukraine ne s’en est jusqu’à aujourd’hui pas encore tout à fait relevée et il est bien dur de changer les réflexes d’obséquiosité d’incompétence et d’absence de responsabilité dans les mentalités.

De nombreux déplacements forcés de populations allemandes et polonaises d’Ukraine au Kasakhstan eurent lieu entre 1936 et 1940, afin d’éloigner d’éventuels sympathisants nazis des futures zones de combat. Car Staline le sait : ce n’est qu’une question de temps avant que les Allemands, qui occupent de nouveau la France, le Bénélux et la moitié de l’Europe de l’Est, attaquent l’Union soviétique.

La première guerre mondiale. L’Ukraine soviétique.

09/03/2010 à 15:59 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | Laisser un commentaire
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La cimetiere in Lvov

La cimetière en Lviv

Au début du 20e siècle, les grands Empires font enfin face aux limites de leur expansion. Car tous les continents et pays sont peuplés, colonisés, soumis. Celui qui souhaite encore s’étendre se trouve dans l’obligation d’envahir un autre pays ou une partie d’un territoire étranger.

Les grands empires, pour parer à de telles éventualités, avaient donc conclu un écheveau compliqué de pactes d’assistance mutuelle et de non-aggression. L’empire allemand par exemple avait conclu un accord avec l’Empire Austro-hongrois, et à côté de cela également avec l’Italie, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie. Par ailleurs, la France avait conclu une alliance avec la Russie et l’Angleterre, qui elle-même était alliée au Japon et aux Etats-Unis d’Amérique.

Ce système d’alliance était tellement compliqué et fragile que le moindre incident pouvait suffire à faire s’écrouler ce château de carte et précipiter tous les protagonistes dans une guerre. Cet incident survint avec l’assassinat du prince héritier d’Autriche-Hongrie, Franz Ferdinand, le 28 juin 1914, à la suite duquel l’Autriche-Hongrie marcha sur la Serbie, elle-même protégée par un pacte d’assistance mutuel avec la Russie. Par cette action militaire à dimension régionale furent activées toutes les alliances existantes entre les pays, et les peuples furent précipités dans la guerre la plus meurtrière de notre histoire, la Première Guerre mondiale.

A ce moment-là, les Ukrainiens vivent dans deux pays. Une partie appartient à l’Autriche-Hongrie, l’autre à la Russie. Dans l’espoir de se voir attribuer après la victoire finale un territoire pour leur propre Etat, les « petits Russes » du côté russe se battent contre les tirailleurs ruthènes présents dans les rangs austro-hongrois.

L’assassinat du tsar russe en 1917 et la lutte pour le pouvoir qui s’ensuivit plongèrent l’ancien Empire russe dans le chaos. Ce chaos fut l’occasion pour les Ukrainiens de tenter de créer leur premier Etat indépendant, la « République populaire d’Ukraine » (RPU), qui déclara en 1918 son indépendance par rapport à l’Empire russe. Mais alors que les bolchéviques furent prompts à envoyer des troupes en Ukraine, les Ukrainiens se tournèrent vers les puissances occidentales en demandant protection et aide militaire par l’envoi de troupes autrichiennes et allemandes contre les bolchéviques. Lors des négociations du traité de paix de Brest-Litovsk, les Russes s’engagent à retirer leurs troupes d’Ukraine. C’est ainsi que fut constitué un premier Etat ukrainien indépendant, cependant occupé et administré par l’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie.

En octobre 1918, les puissants Etats garants de l’Ukraine se disloquent. Le traité de Brest-Litovsk n’est plus considéré comme valable, et les troupes soviétiques marchent à nouveau sur Kiev. Les Polonais, à l’ouest, revendiquent une partie de l’Ukraine, mais n’obtiennent pas gain de cause. De nombreuses « Ukraines » sont formées, pour disparaître, certaines au bout de quelques jours, d’autres après plusieurs mois. L’Ukraine est plongée dans la guerre civile, et les combats se déroulent sur trois fronts, car les Alliés (France, Grèce et Roumanie) lancent eux aussi une intervention au sud par la mer Noire, pour soutenir l’armée « blanche » contre les bolchéviques.

Mais ceux qui luttent le plus âprement pour prendre le contrôle de l’Ukraine sont sans aucun doute les Soviétiques et les Polonais. Les Ukrainiens, quant à eux, n’ont pas abandonné l’idée de la création d’un Etat indépendant en collaborant avec les différentes forces d’occupation. En 1920, la Pologne et l’Union soviétique arrivent enfin à un accord de paix, par lequel ils se partagent l’Ukraine, L’Etat souverain ukrainien appartient désormais au passé. Ce qu’il en reste est, du côté soviétique, la « République soviétique ukrainienne », non pas un Etat souverain, mais du moins de par son nom un témoin non négligeable de l’existence d’une nation ukrainienne en soi.

L’Anneau d’Or autour de Lviv

25/01/2010 à 13:11 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale | Laisser un commentaire
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Le chateau de Pidhirtsi

Le château de Pidhirtsy

Tout autour de Lviv se trouvent de nombreux petits châteaux, monastères et bourgades témoignant de l’histoire riche en couleurs et de la diversité culturelle de la Galicie. Ceux-ci forment l’Anneau d’Or, ou le Fer à Cheval d’Or, autour de Lviv. Cette visite est particulièrement recommandée aux férus d’histoire et de culture en complément de la visite de Lviv.

Jovkva

La cité moyenâgeuse de Jovkva est un lieu incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la culture, des religions et de l’architecture. Cette cité fortifiée, construite en 1594, où le roi polonais Jean III élut domicile au 18e siècle, fut de tous temps un centre particulièrement important pour les Beaux Arts.

De vagues successives de construction naquit une ville harmonieuse, avec une structure datant du 17/18e siècle. Au pied du château de Jovkva fut construite une grande Place du Marché agrémentée de petits puits. Les seuils des maisonettes entourant la place furent, eux, pourvus d’arches, afin de protéger marchands et marchandises des intempéries.

La ville a été et est encore de nos jours un centre religeux important de Galicie. Ceci est confirmé par son nombre important d’églises et de monastères. L’église paroissiale St Laurent, avec les caveaux finement ciselés des familles Danilovitch, Sobieski et Zolkievski, la synagogue de Jovkva avec sa façade style Renaissance inimitable, le monastère St Basile et sa fameuse Eglise de la Nativité, et où se trouvent les peintures originales de Youri Boutsaniouk, ainsi que le cloître dominicain et son église St Joseph sont des monuments incontournables de Jovkva.

A la périphérie de la ville, les églises en bois de la Sainte Trinité et de la Nativité de la Mère de Dieu témoignent du savoir-faire exceptionnel des artisans de la region.

Nous vous conseillons également une excursion dans le village avoisinant de Krekhiv, où vous aurez l’occasion de visiter le monastère St Basile et l’église St Nicolas, accueillant chaque année jusqu’à aujourd’hui un séminaire théologique. Les murs massifs, les tours défensives et l’imposant portail d’entrée sont les caractéristiques marquantes de ce monastère fortifié. Entièrement restauré dans les années 90, c’est un monastère pimpant et flambant neuf qui se prête aujourd’hui à la visite.

Olesko

Il fut un temps où le château d’Olesko était une puissante forteresse. C’est d’ici que les troupes de la Russie kiévienne repoussèrent les attaques venues de l’Ouest. Au fil du temps, les fortifications furent renforcées, et l’enceinte du château fut agrandie.

Après la conquête de la région par les polonais, Olesko devint la résidence de magnats appartenant à la haute noblesse, et les plus grandes familles polonaises de l’époque y élirent domicile. Le roi Jean III Sobieski naquit ici et y passa son enfance. Un grand parc fut aménagé autour du château, qui invite aujourd’hui le visiteur à une agréable promenade au milieu d’œuvres d’art.

Le château, rénové au 17e siècle dans le style Renaissance, est aujourd’hui l’un des bijoux architecturaux de la région. Dans la tradition du roi Jean Sobieski, grand amateur et collectionneur d’art, le château abrite une collection d’art magnifique, comprenant des pièces de maître de ces derniers siècles.

Pidhirtsy

Une promenade le long des allées de peupliers du parc de Pidhirtsy offre un panorama incomparable sur les beautés de ce lieu. Car à cet endroit, sur les hauteurs, se dresse le plus beau château de style Renaissance tardive d’Europe de l’Est. Cet édifice somptueux aux façades richement ornées ainsi que la vue magnifique du château laissent imaginer la folie des grandeurs de ses habitants.

Car ici résidèrent d’illustres princes et rois de Pologne, Stanislav Koniecpolski et Jean III Sobieski.

Le château fut récemment entièrement restauré et à l’été 2008 réouvrit ses portes dans toutes sa splendeur aux visiteurs. A Pidhirtsy se trouve la filiale d’une galerie d’Art de Lviv, possédant une collection impressionnante de tableaux et de sculptures. Des services liturgiques en ukrainien et en polonais se déroulent également aujourd’hui dans l’église de l’Exaltation de la Ste Croix attenante au château.

Nous conseillons aux personnes se rendant à Pidhirtsy de visiter également l’église St Michel, une église de bois traditionnelle particulièrement bien conservée, ainsi que le cloître St Basile situé à proximité.

Zolotchiv

Le château de Zolotchiv, datant du 17e siècle, est considéré comme l’un des modèles de l’art défensif de l’époque. Afin de mieux le protéger, le château fut agrémenté des murs imposants et des talus et entourés de bastions pourvus de canons. Ce château était à l’époque l’une des forteresses les plus modernes de la région.

Aujourd’hui, il est possible de visiter le palais style Renaissance tardive et le palais chinois, dans lesquels sont exposés des œuvres d’arts provenant de l’imposante collection de la Galerie d’Art de Lviv.

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