L’émergence d’une conscience nationale ukrainienne

02/03/2010 à 17:08 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | Laisser un commentaire
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Une conscience nationale ukrainienne

L'émergence d'une conscience nationale ukrainienne passa aussi par l'art

Après la fin de l’ère cosaque et le déclin de la Pologne-Lituanie, l’Ukraine dut faire face à de nombreux changements. De par les partages successifs de la Pologne en 1772, 1793 et 1795, des territoires jusqu’alors polonais revinent à l’Empire russe (Volhynie et Podolie) et à l’Empire des Habsbourg (Galicie orientale). Au départ, les changements étaient peu visibles pour la population, qui était en majorité composée de serfs: même si le royaume de Pologne n’existait plus, les seigneurs polonais continuaient à régner sur leurs terres, que ce soit dans les provinces devenues russes ou autrichiennes.

L’Ukraine russe

Dans les régions nouvellement acquises par les russes, on essaya tout d’abord d’intégrer la noblesse polonaise à la bureaucratie russe. Ceci changea du tout au tout après la révolte de 1830/31. Les nobles qui s’étaient soulevés contre Moscou virent leurs biens confisqués et envoyés en exil, l’administration fut russifiée et la langue administrative, qui était restée jusqu’alors le polonais, fut changée pour le russe. De nombreux monastères catholiques polonais furent fermés et en 1839 l’Eglise uniate fut interdite. Malgré toutes ces mesures, les Polonais et les Juifs, qui exerçaient souvent la profession de métayer ou de cafetier, gardèrent une place dominante dans la vie culturelle, économique et sociale.

En Ukraine orientale, la structure sociale resta inchangée. Mais Moscou maintint sa pression sur la noblesse et sur l’Eglise orthodoxe ukrainiennes ainsi que sur les Cosaques, jouissant depuis le début du 19e siècle du statut de „paysans étatiques“, les forçant à l’assimilation aux structures russes. Ceci fit perdre à ces derniers une partie de leur identité culturelle. Cependant, malgré leur russification, ce sont d‘eux que viendront plus tard les premiers prémices de la création d’une identité nationale ukrainienne.

Au 19e siècle, faisant écho à une tendance générale en Europe, des intellectuels venant de la noblesse ukrainienne et de la classe supérieure cosaque commencèrent à s’intéresser aux spécificités linguistiques et culturelles de l’Ukraine et initièrent le premier élan nationaliste ukrainien. Ils avaient pour but non seulement de faire l’inventaire des chansons populaires ukrainiennes et des épopées cosaques, mais aussi d’étudier les spécificités de la langue ukrainienne. De plus ils consacrèrent une partie de leurs recherches à l’établissement d’une histoire ukrainienne indépendante de celle enseignée par les Russes ou les Polonais. Les oeuvres du poète NikolaÏ Gogol, notamment les  „soirées du hameau près de Didanka“ ou „Mirhorod“, racontant le quotidien des paysans ukrainiens et des Cosaques et leur alliant des éléments fantastiques, furent un énorme succès.

L’homme qui fut le plus important pour le mouvement nationaliste ukrainien fut le fils d’un serf né dans les environs de Kiev, Tarass Chevtchenko (1814-1861), qui étudia à l’Académie d’Art de St Pétersbourg et se consacra plus tard à la poésie. On compte parmi ses oeuvres les plus significatives le recueil de poèmes ukrainiens connu sous le nom de „Kobzar“ (ménestrel), et son poème „Haïdamaky“ racontant la révolte des Haïdamakes (paysans et Cosaques ukrainiens) en 1867 contre le royaume de Pologne-Lituanie. Chevtchenko était membre du cercle littéraire Cyrille et Méthode, créée en 1845 par des universitaires kiéviens. A ce cercle, qui s’était dédié corps et âme à la cause nationale ukrainienne, appartenaient d’illustres personnalités comme l’historien Mykola Kostomarov, le poète et historien Panteliemon Koulitch, l’ethnographe Opanass Markovytch et le poète Vasile Bilozerski.

Pour le tsar, le mouvement nationaliste ukrainien représentait une menace grandissante. Des mesures rigoureuses à son encontre furent prises. On interdit le cercle Cyrille et Méthode et ses membres furent envoyés en exil. Contre Chevtchenko, qui, dans ses poèmes dénonçait les inégalités sociales en Ukraine et appelait à la révolte contre la force d’occupation russe, les mesures furent particulièrement sévères. Il fut obligé d’effectuer son service militaire dans un bataillon de la steppe kazakhe, fut enfermé en 1850 dans la forteresse de Novopetrovsk au bord de la mer Caspienne et fut interdit définitivement de séjour en Ukraine. Mais après la mort du tsar Nicolas 1er, les membres du cercle Cyrille et Méthode furent tour à tour amnistiés et recommencèrent à se rencontrer à St Pétersbourg.

En Ukraine même, d’autres cercles culturels (Hromady) sont formés, dont les membres s’intéressent à la pensée nationale et sont à l’initaitive de la création d’écoles ayant pour but la formation et l’éducation du peuple. Avec la révolte de 1863, initiée par la noblesse polonaise en Ukraine orientale, le mouvement nationaliste ukrainien prend de l’ampleur. Le but des Polonais était de rallier le peuple ukrainien à leur cause pour pouvoir s’élever ensemble contre l’occupation russe. Mais ils échouèrent dans cette tentative. La réaction du gouvernement tsariste ne se fit, elle, pas attendre. Ce fut une vague d’arrestations, suivies de confiscations de biens et d’exécutions. La répression de la révolte polonaise permit aux Russes de s’attaquer de front au problème du mouvement nationaliste ukrainien, qu’ils ne voyaient pas d’un très bon oeil depuis longtemps. Les Hromady furent dissouts, leurs membres envoyés en exil et leurs écoles fermées. Les écrits ukrainophones, à l’exception des belles-lettres, puis les représentations théâtrales en ukrainien et l’impression de chansons ukrainienne furent interdits par décision politique.

Même si les mesures prises par les Russes mirent un frein aux efforts pour créer une identitée nationale ukrainienne, il se trouva toujours des activistes, comme Volodomyr Antonovytch et Mykhaïlo Drahomanov, historiens à l’Université de Kiev, pour continuer le mouvement, jouant le rôle de véritables guides spirituels dans le dernier quart du 19e siècle.

L’Ukraine polonaise

En Galicie, appartenant à la monarchie habsbourgeoise, le mouvement nationaliste ukrainien s’implanta beaucoup plus tardivement que sur le territoire russe. Certes, un cursus de civilisation ruthène fut proposé dès 1887 à l’université de Lviv, institut philosophique et théologique spécialisé dans l’histoire et la culture ukrainiennes, et des cercles littéraires ukrainiens très actifs furent créés dès le début du 19e siècle, mais ce n’est qu’avec l’introduction d’un Etat constitutionnel autrichien, en 1861, accordant des parlements et des gouvernements locaux, que se renforça le sentiment national ukrainien dans la partie occidentale du pays. Les répressions grandissant à l’encontre des nationalistes ukrainiens du côté russe à la fin du 19e siècle, l’influence du mouvement nationaliste d’Ukraine occidentale augmenta de façon significative. C’est ainsi que fut publiée à Lviv en 1869 la première revue littéraire en ukrainien, ayant pour titre la « Pravda » (vérité), et des organisations nationales et des cercles de lecture ayant pour but l’éducation du peuple virent le jour. Le cercle Chevtchenko, traitant de thèmes liés à la culture ukrainienne sur le plan scientifique, fut créé en 1873, et joua un rôle non négligeable. Mais l’institution qui contribua le plus à la diffusion de l’idée nationaliste ukrainienne fut sans aucun doute de par ses différents réseaux l’église catholique orientale.

La motivation première du mouvement nationaliste ukrainien était de se différencier de la culture polonaise, dans laquelle avait baigné pendant des siècles l’Ukraine occidentale. De plus, une grande partie des partisans de ce mouvement voyaient en la Russie un partenaire et un protecteur. Avec la création du parti radical ruthéno-ukrainien, premier parti ukrainien fondé par le célèbre écrivain, ethnographe et historien Ivan Franko, des mouvances anticléricales et progressistes y trouvèrent également une place. Par leur initiative fut créé par la suite le parti national-démocrate, dont les adhérents comptaient principalement parmi les membres du clergé gréco-catholique, les proches du mouvement national-libéral et du parti socio-démocrate.

Si les russophiles jouèrent un rôle prépondérant lors des débuts du mouvement nationaliste ukrainien, ceci cessa bien vite au vu des succès obtenus dans la bataille contre l’influence polonaise au début du 20e siècle. Ces succès se reflétèrent dans la société par le nombre grandissant de parlementaires ukrainiens élus au parlement, par une économie de plus en plus prospère et par le nombre toujours plus élevé d’établissement scolaires ukrainiens.

Nous pouvons citer à titre d’exemple pour l’influence grandissante de la sphère ukrainophone dans le domaine scientifique les travaux de l’historien Mychajlo Hruschewsky, directeur de la chaire d’Europe orientale (mais de facto ukrainienne) et président du cercle littéraire Chevtchenko. Pendant sa mandature en tant que président, le cercle Chevtchenko publia environ 300 tomes voués à des sujets scientifiques. Lui-même écrivit une histoire de l’Ukraine en dix tomes.

Galicie-Volhynie

27/02/2010 à 14:19 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | 2 commentaires
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Galicie-Volhynie

Galicie-Volhynie

En 996, le prince Mieszko se convertit au christianisme et fonda le royaume de Pologne ayant pour capitale Gniezno (Gnesen). A cette première ébauche d’un Etat polonais appartenait également le territoire situé entre le Bug et le San, affluent du Vistule. C’est cette région-là que conquit le prince kiévien Vladimir en 981. Dans la première moitié du 11e siècle, ce territoire changea deux fois de mains, jusqu’à ce que les descendants de Valdimir Monomaque en fassent leur base principale dans leur combat pour conquérir Kiev. Cette période, où la région fut mise à feu et à sang s’acheva au 12e siècle avec le règne de Roman Mstislavitch (1173-1205), prince kiévien, qui réussit à consolider son pouvoir et à étendre son influence plus au sud.

Pendant ce temps-là, plus au sud, aux pieds des Carpates, les Rostislavitch, une famille de la haute noblesse de Novgorod, tentait également d’établir son pouvoir. La Rus’, quant à elle, avait certes conquis au nord des territoires polonais, mais entra en conflit à l’ouest avec la Hongrie. De l’Est déferlèrent de plus des hordes mongoles.

La Pologne, la Hongrie, les Mongols ainsi que les différentes familles de la haute noblesse convoitant Kiev déterminèrent l’histoire de cette région du nord de l’Ukraine, à laquelle on donna le nom de Galicie-Volhynie. Bien que ce territoire ait été depuis toujours une région frontalière, les historiens d’aujourd’hui y voient les racines de la nation ukrainienne.

Pendant que la Volhynie perdait de son inflence, en Galicie, les princes Vladimir Volodarevitch (1141-1153) et Yaroslav Osmomysl (1153-1187) réussirent à conclure avec succès différentes alliances successives avec la Hongrie, la Pologne et la Rus’, ce qui permit de consolider leur pouvoir. Cependant, après la mort d’Yaroslav, dont les exploits étaient déjà chantés dans le Dit de l’Ost d’Igor, ses descendants, les souverains de Pologne, Hongrie ainsi que de la nouvelle principauté de Volhynie, Roman Mstislavitch, se disputèrent sa succession. En 1199, le prince Roman réussit à unifier les deux territoires en une seule principauté. Mais la région était toutefois loin d’être stabilisée, et cela notamment à cause de l’arrivée de hordes mongoles.

Daniel, le fils et héritier de Roman, fut comme beaucoup d’autres princes slaves obligé de se plier au joug mongol et de prêter serment de fidélité au Khan de la Horde d’Or. Une alliance avec Rome ne permit pas de renverser la situation, mais entraîna le couronnement de Daniel en tant que roi, ce qui le mit sur un pied d’égalité avec le roi de Hongrie, qui avait lui aussi des vues sue le trône de Galicie-Volhynie.

La politique de colonisation mise en œuvre par Daniel eut un impact très important sur l’histoire de la région. Il favorisa l’établissement d’Allemands, d’Arméniens et de Juifs, ce qui marqua le commencement de la diversité culturelle spécifique à l’Ukraine occidentale. Le fils de Daniel, Léon (1264-1301) fonda à l’emplacement d’une forteresse de son père la cité de Lviv (Lemberg), et agrandit la principauté jusqu’à Lublin.

Cependant, ce petit pays ne pouvait tenir longtemps face à l’appétit des grandes puissanes voisines, la Hongrie, la Pologne et la Lituanie. Casimir III de Pologne s’empara en 1349 de la partie nord du territoire. La Pologne et la Lituanie se disputèrent la région jusqu’à ce que le Grand Prince lituanien Yagiello prenne pour épouse la princesse polonaise Yadviga, ce qui conduisit à la réunification des deux royaumes. L’histoire de la « petite Russie » y trouva ici sa fin.

La Russie Kiévienne

27/02/2010 à 14:13 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | 2 commentaires
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St. Apostol, Olga, Cyril et Method

St. Apostol, Olga, Cyril et Method

Deux processus distincts conduisirent à la création du premier empire slave occidental, la Russie kiévienne.

A la fin du premier siècle, des tribus slaves s’installèrent en Europe centrale, sur la presqu’île balkanique et au nord-ouest de la Russie actuelle. Suite à cette expansion fut créé l’Empire de Grande Moravie, situé à l’ouest du Danube ainsi que le premier Empire bulgare au sud de ce même fleuve.

Ensuite, des peuples germaniques venant du Danemark, du sud de la Suède et de Norvège déferlèrent sur l’Europe. Ce fut le temps des Normands, des Vikings et des Varègues, qui pillèrent les côtes d’Europe et d’Afrique du Nord. Avec leurs drakkars très maniables, ils parvinrent à s’introduire très loin à l’intérieur des terres en naviguant sur de grands fleuves comme le Rhin et la Seine, afin de mettre à sac de nombreuses villes.

Ils réussirent, en passant par les fleuves d’Europe de l’Est, à aller de la Baltique à la mer Noire. A cet endroit se trouvait Constantinople, connue pour ses richesses fabuleuses. Les Vikings, Normands et Varègues, au court de leurs expéditions, avaient compris l’intérêt d’épargner les habitants et d’imposer un tribut aux terres conquises, ce qui signifiait la possibilité d’un commerce certes imposé, mais plus ou moins pacifique, permettant d’engendrer de grandes richesses.

C’est ainsi que furent créés le long des routes fluviales d’Europe de l’Est tout un réseau de comptoirs de commerce typiquement scandinaves, où étaient rassemblées les marchandises, le tribut des populations conquises, et où se développa rapidement un commerce prospère avec les populations autochtones slaves. Les marchandises échangées étaient entre autres le miel et les fourrures, très prisées à Byzance et dans les califats arabes.

La noblesse varègue s’établit sur ce filon, et les relations se pacifièrent peu à peu entre les slaves et les scandinaves. Novgorod au nord et Kiev sur le Dniepr devinrent les centres principaux d’un commerce prospère, qui n’aurait pu fructifier sans l’entière collaboration des slaves, et conduisit à l’ébauche d’un premier Etat.

Dans l’historiographie russe, puis soviétique, le rôle joué par les scandinaves dans la création de la Russie kiévienne fut passé sous silence. Un avis contraire exprimé à voix haute pouvait conduire à la fin anticipée de carrière ou à pire. Aujourd’hui, la question est traitée de façon beaucoup plus pragmatique.

Peu de sources témoignent de cette époque lointaine. L’une des rares sources à disposition des chercheurs, dont l’exactitude n’est cependant pas certaine, est la « Chronique des Temps passés » du moine kiévien Nestor, connue aussi sous le nom de la « Chronique de Nestor ». Selon ces chroniques, Oleg le Riourikide réunit les royaumes de Kiev et de Novgorod en 882 et fit de Kiev la « mère de toutes les villes de la Rus’ ». En 955, la princesse Olga (Helga) se fit baptiser à Constantinople, et appela auprès d’elle le prêtre Otto le Grand afin qu’il convertisse ses sujets à la foi chrétienne.

Si Olga porte encore un nom germanique, le nom slave de son fils Sviatoslav (962-972) témoigne de l’assimilation de plus en plus évidente des princes varègues à la population slave locale.

Le fils de ce dernier, Vladimir, fit du christianisme la religion d’Etat. Ceci marqua d’un côté les débuts de la Russie kiévienne comme un Empire respecté, et d’un autre côté posa les jalons du développement culturel spécifique à l’Europe Orientale.

Le règne de Yaroslav le Sage (1019-1054) marqua l’apogée de la Russie kiévienne. A Kiev commença la construction de la Cathédrale Sainte-Sophie, Ilarion devint le premier métropolite russe et on introduisit un premier code de loi. Les luttes pour l’accession au trône et les révolutions de palais restèrent pourtant des problèmes récurrents. Yaroslav tenta de changer les règles de succession au trône, selon lesquelles désormais le dauphin ne devait plus être automatiquement le fils aîné du roi, mais pouvait aussi être le plus âgé de ses frères. Cela n’apaisa cependant en rien les tensions au palais, car désormais oncles et neveux se faisaient la guerre pour accéder au trône.

L’empire déclina peu à peu. La ville de Souzdal, située au nord-ouest de la Rus’, devint de plus en plus puissante jusqu’à concourrir avec Novgorod, cependant qu’au sud-ouest la Galicie-Volhynie devenait de plus en plus prospère. Des razzias de nomades à cheval dans les steppes situées au nord de la mer Noire empêchèrent le bon déroulement du commerce entre le nord et le sud, qui était l’une des principales sources d’enrichissement de l’Empire

En 1240, les hordes mongoles mirent à sac Kiev. Ceci marqua la fin du long déclin de l’Empire kiévien.

Brody

26/01/2010 à 14:01 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale | Laisser un commentaire
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Brody en Galicie, Ukraine

Le cimetière juif de Brody

Cette petite ville au coeur de la Galicie doit sa notoriété auprès du public français et allemand à l’un de ses illustres fils, l’écrivain Joseph Roth (Brody, 1894- Paris, 1939), qui y naquit et fréquenta son lycée. Ses romans, imprégnés de l’atmosphère du déclin d’une grande monarchie, sont des livres-témoins de l’époque et de la région.

La ville de Brody, fondée il y a plus de 800 ans, était autrefois une capitale marchande à la frontière polonaise. Elle fut soumise tès tôt au Droit de Magdebourg, ce qui favorisa le commerce et l’artisanat.

La population juive, qui représenta jusqu’à deux tiers de la population locale, joua un rôle très important dans le développement culturel de la ville. C’est ici que le rabbin Israel ben Elieser, appelé « Baal Shem Tov », développa l’idée d’un hassidisme non-ascétique.

L’apogée de Brody fut sans doute celle après 1772, lorsque la ville se trouva sous la domination austro-hongroise. La ville acquit le statut de ville marchande libre, ce qui lui donna une impulsion économique importante. A partir de cette période, elle devint la seconde ville de Galicie, et fit office de ville de transit entre l’Empire Austro-Hongrois et l’Empire de Russie. Des banques; des maisons de commerce étrangères et des comptoirs importants y furent créés. La prospérité grandissante se retrouva également dans le nombre d’édifices publics, écoles, lycées et hôpitaux qui y furent construits et dans le nombre d’administrations qui y installèrent leur siège.

Le déclin de Brody commença à la chute de l’Empire Austro-Hongrois. La Deuxième Guerre Mondiale porta un coup fatal à sa prospérité, les nazis exterminant presque la totalité de la population juive, détruisant ou confisquant les trésors culturels juifs et utilisant les pierres des cimetières juifs pour paver les routes. Après la guerre, la ville fut soviétisée et les précieux monuments historiques laissés à l’abandon.

Aujourd’hui, le temps a laissé des traces sur certains lieux et édifices, les a effacées sur d’autres. Seuls les murs porteurs d’une des deux anciennes synagogues sont encore visibles, le cimetière juif autrefois situé aux portes de la ville est aujourd’hui envahi d’herbes hautes, le château a totalement disparu du paysage et une bonne partie du mur d’enceinte s’est effondré. Cependant, en flânant dans les rues de cette ancienne métropole commerciale juive, il est toujours possible d’en sentir la magnifiscence et l’affairement d’autrefois.

Après l’indépendance de l’Ukraine, on commença a vouloir préserver les derniers vestiges de la métropole des affres du temps. Cela demande du temps, mais aussi énormément d’argent.

Lviv – capitale magnifique de la Galicie orientale

25/01/2010 à 08:32 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale | 2 commentaires
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La place d´independence au Lviv

Lviv – capitale magnifique de la Galicie orientale

Le fait que Lviv possèdent plusieurs noms dans différentes langues (Lviv en ukrainien et polonais, Lvov en russe et Lemberg en allemand) donne déjà un aperçu des particularités de cette ville et laissent deviner l’histoire multiculturelle et mouvementée de cette région profondément européenne, qui fut convoitée pendant des siècles par plusieurs puissances.

De tout temps, cette ville, ancienne capitale de la Galicie orientale, se trouva à la croisée entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud. Habitée et conquise par des gens et des peuples d’origines diverses, la multiculturalité qui l’imprègne se retrouve non seulement dans son étonnante diversité architecturale, mais en fait également son charme.

Au milieu de 13e siècle, le prince Daniel Romanovitch (Halytzkiï) fit construire un château fort à l’exacte croisée des routes marchandes menant du nord au sud et de l’est à l’ouest, et le nomma d’après son fils Lev (Léon). Un bourg se développa rapidement autour du château, et devint par la suite l’une des cités les plus riches et les plus prospères de la région.

En 1340, après la disparition de l’Empire kiévien, la principauté de Halyc, dont la cité de Lviv, fut intégrée au Royaume de Pologne. La ville continua à se développer, et de nombreux marchands, artisans et artistes venus de toute l’Europe ainsi que d’Asie Mineure s’y établirent. Cette diversité culturelle contribua au rayonnement et à la prospérité de la ville, et lui donna son caractère si particulier.

Après le premier partage de la Pologne en 1772, la Galicie et la Volhynie devinrent des provinces austro-hongroises. Lviv devint la capitale du royaume de Galicie-Lodomérie, et à la suite de cela continua à s’étendre, et rapidement sa taille quadrupla. Sous le règne de Joseph II, de nombreux Allemands s’y établirent.

A la fin de la Première Guerre Mondiale, la ville redevint polonaise. En 1939, elle tomba pour une courte période entre les mains des soviétiques, avant d’être prise d’assaut par la Wehrmacht, qui subordonna la région à l’autorité du gouvernement général responsable de l’administration des provinces polonaises. La terreur nazie lors de l’occupation allemande causa l’extermination de presque toute la population juive de Galicie.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Lviv et la Galicie redevinrent soviétiques. Afin de réfréner les velléités d’indépendance de la minorité ukrainienne, les autorités soviétiques procédèrent à une politique de russification de la région, ce qui entraîna la déportation d’une grande partie de la population polonaise en Basse-Silésie.

Depuis 1991, Lviv est la principale métropole de l’Ukraine occidentale indépendante.

Elle est considérée aujourd’hui comme l’une des plus belles villes de la région, et son centre-ville est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La ville s’est de plus ces dernières années beaucoup investie dans la restauration et rénovation de nombreux bâtiments, dont la mairie place du Marché (Rvnok).

Lviv possède de nombreux joyaux architecturaux à découvrir: une multitude de palais, églises et cloîtres, témoignant de sa richesse passée. Des bâtiments pittoresques de style Art-Nouveau vous replongeront dans l’atmosphère inimitable de l’Empire Austro-Hongrois. La chapelle Boim avec ses magnifiques bas-reliefs et d’autres bâtiments de style Renaissance, ses parcs verdoyants appelant à la flânerie feront sans aucun doute partie de la promenade-découverte. Un endroit incontournable: le musée en plein air consacré à l’architecture vernaculaire et aux coutumes locales. Vous trouverez également à Lviv d’autres musées valant le détour, consacrés à la musique, à la littérature, à la religion, à l’architecture et à l’histoire de la Galicie orientale.

Parallèlement à cela prospère à Lviv une scène culturelle très vivante, qui contribue à la renommée de la ville dans toute l’Ukraine et même au-delà de ses frontières. Un nombre incalculable de galeries d’art moderne voient le jour régulièrement, et appellent à la découverte de la sculpture et de la peinture contemporaines. De nombreux festivals de jazz, rock, pop et de musique classique sont également organisés à Lviv tout au long de l’année, et des ensembles folkloriques présentent la culture ukrainienne traditionnelle aux visiteurs.

La ville de Lviv est également un modèle d’hospitalité et de culture touristique en Ukraine. On y trouve des hôtels de toutes catégories de prix et de nombreux restaurants, cafés et bars où un touriste averti pourra se familiariser avec la cuisine d’Ukraine, de Galicie, ou bien tout simplement de Lviv.

Et il n’est pas rare qu’un touriste venu simplement découvrir la ville en quelques jours tombe littéralement en amour avec Lviv, capitale ancienne et pourtant si jeune de la Galicie orientale!

Place du marché à Lviv

Place du marché à Lviv

Restaurants sympas à Lviv

Restaurant Buchara, vul. Furmanska Conformément à son nom, ce restaurant propose de la cuisine ouzbèke. Cependant, nous vous le conseillons chaudement pour son atmosphere conviviale ouzbèke et ses plats succulents, dépaysement garanti. Le service est très agréable. Salles fumeur et non-fumeur. Fourchette de prix: moyenne.

Restaurant « Pid zolotoyu Rozoyu » (Sous la Rose d’or), vul. Starojewreyska Les propriétaires de ce restaurant voulaient render homage à la grande tradition juive ancienne. Une cuisine traditionnelle kascher et non-kascher comme on l’aime, un intérieur coquet agrémenté par de la musique traditionnelle juive vous assureront une expérience inoubliable. Le montant de l’addition doit être négocié à la fin du repas. Fourchette de prix: moyenne à élévée.

Cafe « Franzishka », vul. Krakivska Ce café rappelle sans conteste les grands moments de l’époque Wilhelmienne. Malgré le fait qu’il se trouve en centre-ville, c’est un lieu calme, propice à la détente, où vous pourrez vous régaler de tartes délicieuses. Fourchette de prix: moyenne.

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