Bogdan Khmelnitski – L’Hetmanat d’Ukraine
01/03/2010 à 10:25 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | Un commentaireMots-clefs : Berestetchko, Bogdan Khmelnitski, cosaques, histoire, Kiev, lviv, multiculturalité, Ukraine
Il aurait pu couler des jours heureux jusqu’à sa mort, Bogdan Khmelnitski, scribe des Cosaques enregistrés et chef d’une unité de mercenaires au service de la Pologne-Lituanie. Né à Kiev vers 1595, il reçut une bonne éducation chez les Jésuites de Lviv. Sa première femme, Anna, lui donna cinq enfants. Ils s’étaient mariés après que le jeune Cosaque eût passé deux ans en captivité chez les Tatars. C’est ainsi que Khmelnitski avait appris leur langue, leurs coutumes et leur manière d’appréhender le monde, choses qui lui furent bien utiles par la suite.
Khmelnitski connaît ainsi très bien les trois cultures qui s’entremêlent et parfois s’opposent au début des temps modernes dans cette région frontalière: la Pologne-Lituanie catholique, le monde des Cosaques baigné d’Orthodoxie et le Khanat des Tatars de Crimée, influencé par le monde ottoman.
Après la mort d’Anna, Khmelnitski vécut sur ses terres avec la quelque peu volage Helena. Ils ont un fils, qui a dix ans, tandis que son père en a cinquante.
Dans la première moitié du 16e siècle, la pression de la double monarchie Pologne-Lituanie s’était intensifiée à l’endroit des Cosaques libres, des serfs paysans et des orthodoxes en général. Des privilèges bien ancrés avaient été abolis, le Registre, et donc le nombre de Cosaques libres, amoindri, et des familles libres réduites en esclavage. Une première révolte en 1637/38 fut matée dans un bain de sang. Ça bouillonne en Ukraine, la situation est explosive, mais il manque encore un leader digne de ce nom pour qu’une véritable révolution prenne corps.
Puis, la réalité rattrape Bogdan Khmelnitski dans sa vie jusqu’alors paisible. Un magnat polonais convoite ses terres, un autre profite de son absence pour s’y introduire. Sa femme est enlevée, leur fils tué, et la ferme est ravagée par les flammes.
Khmelnitski, jusqu’alors serviteur fidèle du souverain polonais perd tout dans l’affaire. Il se rend au Sitch saparogue, pour rencontrer les Cosaques libres, leur parle et les convainc. De nouvelles alliances se créent, tandis que les anciennes se renforcent. Un accord est conclu avec le Khan des Tatars de Crimée Islam-Girei. Le 19 avril 1648, la Rada composée de 8000 Cosaques élit Bogdan Khmelnitski nouvel Hetman et proclame le début de l’insurrection.
Quelques jours plus tard, 3000 hommes se lancent dans la bataille. Des serfs et des paysans se joignent à eux et ils remportent leur première victoire, au nord de Krivoi Rog au lieu-dit « les eaux jaunes », sur les troupes polonaises épaulées des Cosaques enregistrés. Ces derniers finalement tueront leur chef Barabach et passeront du côté de Khmelnitski. Dix jours seulement après cet affrontement, les troupes de Bogdan Khmelnitski remportent une nouvelle bataille, à Koursoun (aujourd’hui Korsoun-Chevtchenkovski). A Bila Zerkva, l’Hetman lance un appel à rejoindre ses troupes, et les gens accourent par centaines. Tout le pays, de l’Ukraine à l’actuelle Biélorussie, tombe dans la révolte. Terres et villages brûlent, et des combats sanglants font rage.
Cependant, ils n’y a pas que des terres qui brûlent. Des pogroms eurent lieu à cette époque, dans lesquels moururent plus de 10 000 juifs, qui exerçaient à cette époque très souvent les métiers d’intendants des biens pour les seigneurs polonais, de commerçant et de prêteur sur gage. Pour les Cosaques et paysans au paroxysme de leur haine, c’étaient des proies plus que faciles. La manière de vivre des juifs, différente, et l’ansitémitisme chrétien traditionnel firent le reste. Ce fut le début d’une longue suite de pogroms, qui se prolongea jusqu’au 20e siècle.
A la mort du roi Vladislav, la Pologne perd son unité politique. Une armée de bien 40 000 hommes, mais désunie et sans réel leader, se dirige à la rencontre des insurgés. Les officiers polonais espèrent secrètement une chasse à l’homme et une victoire facile. Ce fut tout le contraire qui se produisit. Les troupes victorieuses de Khmelnitski prirent une bonne centaine de canons polonais et les voitures de la suite des nobles cavaliers.
L’entrée de l’Hetman dans Kiev fut triomphale. Mais la proposition d’alliance faite par les Cosaques fut pourtant officiellement refusée par le tsar, les Russes ne se sentant pas encore assez forts pour entrer en guerre ouverte avec la Pologne. Officieusement, les Russes aident au ravitaillement des Cosaques et leur livrent du blé, de la poudre et du plomb.
Un nouveau roi polonais monte sur le trône début octobre. Durant l’hiver, des négociations de paix sont tenues à Pereslav, mais Khmelnitski refuse la proposition du roi Casimir, qu’il juge insuffisante. Suite à cela, Bogdan Khmelnitski est déclaré ennemi public et sa tête est mise à prix: 10 000 Zloty. Pendant ce temps, les troupes polonaises commencent à reculer et à se retrancher à l’ouest. C’est durant l’été 1649 que se déroula une nouvelle bataille importante, la bataille de Sboriv, entre Lviv et Ternopil.
Cette fois-ci, les Cosaques furent trahis par les Tatars. L’Hetman se voit contraint d’interrompre le combat et de rendre les armes. Le nouveau traité de paix proposé par les Polonais est clément, bien plus clément que celui de Pereslav: amnisitie pour tous, liberté de culte, pas de troupes polonaises postées en territoire cosaque et un registre de 40 000 Cosaques: deux fois plus qu’à Pereslav.
Cependant, finalement, personne n’est satisfait et les deux parties s’arment rapidement pour une nouvelle guerre.
La Pologne n’a aucun problème à trouver des soldats pour combattre sous ses drapeaux. C’est justement la fin de la guerre de 30 ans et de nombreux anciens soldats désoeuvrés sont prêts à s’engager comme mercenaires. Khmelnitski, lui, enregistre de plus en plus de Cosaques.
Dans la nuit du 9 au 10 février 1651, l’armée polonaise passe à l’attaque. La bataille décisive a lieu à Berestetchko, au sud de Lutsk. A nouveau, les Tatars trahissent l’Hetman, et le font prisonnier, tandis que les troupes cosaques réussissent à s’échapper et à gagner la steppe sous la conduite de Bogun. Kiev est prise par les Polonais.
Suite à cette défaite, et ce jusqu’en septembre, Khmelnitski disparaît de la scène politique. C’est à cette époque qu’Helena, la seconde femme de Khmelnitski, est assassinée.
Puis il réapparaît pour la signature de la paix de Bila Zerkva, par laquelle les Cosaques perdirent de nombreux acquis. La guerre est arrivée à un point mort. Le peuple semble épuisé, exsangue. Les combats continuent cependant mollement çà et là. En mai 1652, par exemple, les insurgés remportent une bataille à Batog. L’été de l’année suivante, un seigneur polonais envahit à nouveau le sud de l’Ukraine, et les Cosaques entrent en pourparlers avec Moscou. Cette fois-ci, les Russes sont d’accord de conclure une alliance. Les négociations durent jusqu’à octobre, et le 23 de ce même mois, l’Empire russe entre en guerre contre la Pologne. Les Russes n’étaient certes pas encore tout à fait prêts et auraient bien attendu encore une année afin de s’armer correctement, mais ni les Polonais, ni leurs alliés tatars ne s’en doutent. Finalement, les deux armées s’observent, puis se retirent sans même s’être affrontées.
Au début de l’année 1654, la Rada siège à Pereslav. Le tsar accorde à un registre de 60 000 Cosaques ukrainiens les mêmes droits qu’aux autres Cosaques de l’Empire, ceux du Don et de l’Oural, et leur garantit la liberté de culte. L’hetmanat de Khmelnitski, sur la rive gauche du Dniepr, et Kiev inclu, devient ainsi de jure une province russe. L’Ukraine occidentale, par contre, reste sous contrôle polonais.
Le 21.07.1657, l’Hetman Bogdan Khmelnitski se retire de ses fonctions et meurt peu après. C’est la haine de la Pologne qui lui a donné une raison de vivre si longtemps. Sept ans plus tard, lors d’une nouvelle invasion polonaise, sa tombe sera profanée, et ses restes donnés en pâture aux chiens. Finalement, les Polonais réussirent à avoir leur vengeance.
Galicie-Volhynie
27/02/2010 à 14:19 | Publié dans Histoire de l´Ukraine | 2 commentairesMots-clefs : galicie, histoire, joug mongol, lviv, mongols, multiculturalité, Roman Mstislavitch, Russie kiévienne, Ukraine, Vistule, Volhynie
En 996, le prince Mieszko se convertit au christianisme et fonda le royaume de Pologne ayant pour capitale Gniezno (Gnesen). A cette première ébauche d’un Etat polonais appartenait également le territoire situé entre le Bug et le San, affluent du Vistule. C’est cette région-là que conquit le prince kiévien Vladimir en 981. Dans la première moitié du 11e siècle, ce territoire changea deux fois de mains, jusqu’à ce que les descendants de Valdimir Monomaque en fassent leur base principale dans leur combat pour conquérir Kiev. Cette période, où la région fut mise à feu et à sang s’acheva au 12e siècle avec le règne de Roman Mstislavitch (1173-1205), prince kiévien, qui réussit à consolider son pouvoir et à étendre son influence plus au sud.
Pendant ce temps-là, plus au sud, aux pieds des Carpates, les Rostislavitch, une famille de la haute noblesse de Novgorod, tentait également d’établir son pouvoir. La Rus’, quant à elle, avait certes conquis au nord des territoires polonais, mais entra en conflit à l’ouest avec la Hongrie. De l’Est déferlèrent de plus des hordes mongoles.
La Pologne, la Hongrie, les Mongols ainsi que les différentes familles de la haute noblesse convoitant Kiev déterminèrent l’histoire de cette région du nord de l’Ukraine, à laquelle on donna le nom de Galicie-Volhynie. Bien que ce territoire ait été depuis toujours une région frontalière, les historiens d’aujourd’hui y voient les racines de la nation ukrainienne.
Pendant que la Volhynie perdait de son inflence, en Galicie, les princes Vladimir Volodarevitch (1141-1153) et Yaroslav Osmomysl (1153-1187) réussirent à conclure avec succès différentes alliances successives avec la Hongrie, la Pologne et la Rus’, ce qui permit de consolider leur pouvoir. Cependant, après la mort d’Yaroslav, dont les exploits étaient déjà chantés dans le Dit de l’Ost d’Igor, ses descendants, les souverains de Pologne, Hongrie ainsi que de la nouvelle principauté de Volhynie, Roman Mstislavitch, se disputèrent sa succession. En 1199, le prince Roman réussit à unifier les deux territoires en une seule principauté. Mais la région était toutefois loin d’être stabilisée, et cela notamment à cause de l’arrivée de hordes mongoles.
Daniel, le fils et héritier de Roman, fut comme beaucoup d’autres princes slaves obligé de se plier au joug mongol et de prêter serment de fidélité au Khan de la Horde d’Or. Une alliance avec Rome ne permit pas de renverser la situation, mais entraîna le couronnement de Daniel en tant que roi, ce qui le mit sur un pied d’égalité avec le roi de Hongrie, qui avait lui aussi des vues sue le trône de Galicie-Volhynie.
La politique de colonisation mise en œuvre par Daniel eut un impact très important sur l’histoire de la région. Il favorisa l’établissement d’Allemands, d’Arméniens et de Juifs, ce qui marqua le commencement de la diversité culturelle spécifique à l’Ukraine occidentale. Le fils de Daniel, Léon (1264-1301) fonda à l’emplacement d’une forteresse de son père la cité de Lviv (Lemberg), et agrandit la principauté jusqu’à Lublin.
Cependant, ce petit pays ne pouvait tenir longtemps face à l’appétit des grandes puissanes voisines, la Hongrie, la Pologne et la Lituanie. Casimir III de Pologne s’empara en 1349 de la partie nord du territoire. La Pologne et la Lituanie se disputèrent la région jusqu’à ce que le Grand Prince lituanien Yagiello prenne pour épouse la princesse polonaise Yadviga, ce qui conduisit à la réunification des deux royaumes. L’histoire de la « petite Russie » y trouva ici sa fin.
L’Anneau d’Or autour de Lviv
25/01/2010 à 13:11 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale | Laisser un commentaireMots-clefs : églises, château, lviv, Olesko, palais, Pidhirtsy, Ukraine, Zolotchiv
Tout autour de Lviv se trouvent de nombreux petits châteaux, monastères et bourgades témoignant de l’histoire riche en couleurs et de la diversité culturelle de la Galicie. Ceux-ci forment l’Anneau d’Or, ou le Fer à Cheval d’Or, autour de Lviv. Cette visite est particulièrement recommandée aux férus d’histoire et de culture en complément de la visite de Lviv.
Jovkva
La cité moyenâgeuse de Jovkva est un lieu incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la culture, des religions et de l’architecture. Cette cité fortifiée, construite en 1594, où le roi polonais Jean III élut domicile au 18e siècle, fut de tous temps un centre particulièrement important pour les Beaux Arts.
De vagues successives de construction naquit une ville harmonieuse, avec une structure datant du 17/18e siècle. Au pied du château de Jovkva fut construite une grande Place du Marché agrémentée de petits puits. Les seuils des maisonettes entourant la place furent, eux, pourvus d’arches, afin de protéger marchands et marchandises des intempéries.
La ville a été et est encore de nos jours un centre religeux important de Galicie. Ceci est confirmé par son nombre important d’églises et de monastères. L’église paroissiale St Laurent, avec les caveaux finement ciselés des familles Danilovitch, Sobieski et Zolkievski, la synagogue de Jovkva avec sa façade style Renaissance inimitable, le monastère St Basile et sa fameuse Eglise de la Nativité, et où se trouvent les peintures originales de Youri Boutsaniouk, ainsi que le cloître dominicain et son église St Joseph sont des monuments incontournables de Jovkva.
A la périphérie de la ville, les églises en bois de la Sainte Trinité et de la Nativité de la Mère de Dieu témoignent du savoir-faire exceptionnel des artisans de la region.
Nous vous conseillons également une excursion dans le village avoisinant de Krekhiv, où vous aurez l’occasion de visiter le monastère St Basile et l’église St Nicolas, accueillant chaque année jusqu’à aujourd’hui un séminaire théologique. Les murs massifs, les tours défensives et l’imposant portail d’entrée sont les caractéristiques marquantes de ce monastère fortifié. Entièrement restauré dans les années 90, c’est un monastère pimpant et flambant neuf qui se prête aujourd’hui à la visite.
Olesko
Il fut un temps où le château d’Olesko était une puissante forteresse. C’est d’ici que les troupes de la Russie kiévienne repoussèrent les attaques venues de l’Ouest. Au fil du temps, les fortifications furent renforcées, et l’enceinte du château fut agrandie.
Après la conquête de la région par les polonais, Olesko devint la résidence de magnats appartenant à la haute noblesse, et les plus grandes familles polonaises de l’époque y élirent domicile. Le roi Jean III Sobieski naquit ici et y passa son enfance. Un grand parc fut aménagé autour du château, qui invite aujourd’hui le visiteur à une agréable promenade au milieu d’œuvres d’art.
Le château, rénové au 17e siècle dans le style Renaissance, est aujourd’hui l’un des bijoux architecturaux de la région. Dans la tradition du roi Jean Sobieski, grand amateur et collectionneur d’art, le château abrite une collection d’art magnifique, comprenant des pièces de maître de ces derniers siècles.
Pidhirtsy
Une promenade le long des allées de peupliers du parc de Pidhirtsy offre un panorama incomparable sur les beautés de ce lieu. Car à cet endroit, sur les hauteurs, se dresse le plus beau château de style Renaissance tardive d’Europe de l’Est. Cet édifice somptueux aux façades richement ornées ainsi que la vue magnifique du château laissent imaginer la folie des grandeurs de ses habitants.
Car ici résidèrent d’illustres princes et rois de Pologne, Stanislav Koniecpolski et Jean III Sobieski.
Le château fut récemment entièrement restauré et à l’été 2008 réouvrit ses portes dans toutes sa splendeur aux visiteurs. A Pidhirtsy se trouve la filiale d’une galerie d’Art de Lviv, possédant une collection impressionnante de tableaux et de sculptures. Des services liturgiques en ukrainien et en polonais se déroulent également aujourd’hui dans l’église de l’Exaltation de la Ste Croix attenante au château.
Nous conseillons aux personnes se rendant à Pidhirtsy de visiter également l’église St Michel, une église de bois traditionnelle particulièrement bien conservée, ainsi que le cloître St Basile situé à proximité.
Zolotchiv
Le château de Zolotchiv, datant du 17e siècle, est considéré comme l’un des modèles de l’art défensif de l’époque. Afin de mieux le protéger, le château fut agrémenté des murs imposants et des talus et entourés de bastions pourvus de canons. Ce château était à l’époque l’une des forteresses les plus modernes de la région.
Aujourd’hui, il est possible de visiter le palais style Renaissance tardive et le palais chinois, dans lesquels sont exposés des œuvres d’arts provenant de l’imposante collection de la Galerie d’Art de Lviv.
Lviv – capitale magnifique de la Galicie orientale
25/01/2010 à 08:32 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale | 2 commentairesMots-clefs : galicie, lviv, Ukraine
Le fait que Lviv possèdent plusieurs noms dans différentes langues (Lviv en ukrainien et polonais, Lvov en russe et Lemberg en allemand) donne déjà un aperçu des particularités de cette ville et laissent deviner l’histoire multiculturelle et mouvementée de cette région profondément européenne, qui fut convoitée pendant des siècles par plusieurs puissances.
De tout temps, cette ville, ancienne capitale de la Galicie orientale, se trouva à la croisée entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud. Habitée et conquise par des gens et des peuples d’origines diverses, la multiculturalité qui l’imprègne se retrouve non seulement dans son étonnante diversité architecturale, mais en fait également son charme.
Au milieu de 13e siècle, le prince Daniel Romanovitch (Halytzkiï) fit construire un château fort à l’exacte croisée des routes marchandes menant du nord au sud et de l’est à l’ouest, et le nomma d’après son fils Lev (Léon). Un bourg se développa rapidement autour du château, et devint par la suite l’une des cités les plus riches et les plus prospères de la région.
En 1340, après la disparition de l’Empire kiévien, la principauté de Halyc, dont la cité de Lviv, fut intégrée au Royaume de Pologne. La ville continua à se développer, et de nombreux marchands, artisans et artistes venus de toute l’Europe ainsi que d’Asie Mineure s’y établirent. Cette diversité culturelle contribua au rayonnement et à la prospérité de la ville, et lui donna son caractère si particulier.
Après le premier partage de la Pologne en 1772, la Galicie et la Volhynie devinrent des provinces austro-hongroises. Lviv devint la capitale du royaume de Galicie-Lodomérie, et à la suite de cela continua à s’étendre, et rapidement sa taille quadrupla. Sous le règne de Joseph II, de nombreux Allemands s’y établirent.
A la fin de la Première Guerre Mondiale, la ville redevint polonaise. En 1939, elle tomba pour une courte période entre les mains des soviétiques, avant d’être prise d’assaut par la Wehrmacht, qui subordonna la région à l’autorité du gouvernement général responsable de l’administration des provinces polonaises. La terreur nazie lors de l’occupation allemande causa l’extermination de presque toute la population juive de Galicie.
A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Lviv et la Galicie redevinrent soviétiques. Afin de réfréner les velléités d’indépendance de la minorité ukrainienne, les autorités soviétiques procédèrent à une politique de russification de la région, ce qui entraîna la déportation d’une grande partie de la population polonaise en Basse-Silésie.
Depuis 1991, Lviv est la principale métropole de l’Ukraine occidentale indépendante.
Elle est considérée aujourd’hui comme l’une des plus belles villes de la région, et son centre-ville est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La ville s’est de plus ces dernières années beaucoup investie dans la restauration et rénovation de nombreux bâtiments, dont la mairie place du Marché (Rvnok).
Lviv possède de nombreux joyaux architecturaux à découvrir: une multitude de palais, églises et cloîtres, témoignant de sa richesse passée. Des bâtiments pittoresques de style Art-Nouveau vous replongeront dans l’atmosphère inimitable de l’Empire Austro-Hongrois. La chapelle Boim avec ses magnifiques bas-reliefs et d’autres bâtiments de style Renaissance, ses parcs verdoyants appelant à la flânerie feront sans aucun doute partie de la promenade-découverte. Un endroit incontournable: le musée en plein air consacré à l’architecture vernaculaire et aux coutumes locales. Vous trouverez également à Lviv d’autres musées valant le détour, consacrés à la musique, à la littérature, à la religion, à l’architecture et à l’histoire de la Galicie orientale.
Parallèlement à cela prospère à Lviv une scène culturelle très vivante, qui contribue à la renommée de la ville dans toute l’Ukraine et même au-delà de ses frontières. Un nombre incalculable de galeries d’art moderne voient le jour régulièrement, et appellent à la découverte de la sculpture et de la peinture contemporaines. De nombreux festivals de jazz, rock, pop et de musique classique sont également organisés à Lviv tout au long de l’année, et des ensembles folkloriques présentent la culture ukrainienne traditionnelle aux visiteurs.
La ville de Lviv est également un modèle d’hospitalité et de culture touristique en Ukraine. On y trouve des hôtels de toutes catégories de prix et de nombreux restaurants, cafés et bars où un touriste averti pourra se familiariser avec la cuisine d’Ukraine, de Galicie, ou bien tout simplement de Lviv.
Et il n’est pas rare qu’un touriste venu simplement découvrir la ville en quelques jours tombe littéralement en amour avec Lviv, capitale ancienne et pourtant si jeune de la Galicie orientale!
Restaurants sympas à Lviv
Restaurant Buchara, vul. Furmanska Conformément à son nom, ce restaurant propose de la cuisine ouzbèke. Cependant, nous vous le conseillons chaudement pour son atmosphere conviviale ouzbèke et ses plats succulents, dépaysement garanti. Le service est très agréable. Salles fumeur et non-fumeur. Fourchette de prix: moyenne.
Restaurant « Pid zolotoyu Rozoyu » (Sous la Rose d’or), vul. Starojewreyska Les propriétaires de ce restaurant voulaient render homage à la grande tradition juive ancienne. Une cuisine traditionnelle kascher et non-kascher comme on l’aime, un intérieur coquet agrémenté par de la musique traditionnelle juive vous assureront une expérience inoubliable. Le montant de l’addition doit être négocié à la fin du repas. Fourchette de prix: moyenne à élévée.
Cafe « Franzishka », vul. Krakivska Ce café rappelle sans conteste les grands moments de l’époque Wilhelmienne. Malgré le fait qu’il se trouve en centre-ville, c’est un lieu calme, propice à la détente, où vous pourrez vous régaler de tartes délicieuses. Fourchette de prix: moyenne.
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