La bataille de Berestetchko – La trahison des Tatars de Crimée
26/01/2010 à 13:37 | Publié dans A propos de l´Ukraine - L'Ukraine occidentale, Histoire de l´Ukraine | 2 commentairesMots-clefs : Berestetchko, cosaque, tatar, Ukraine
Berestetchko fut, au 17e siècle, le théâtre d’une bataille sanglante marquant le début du déclin des Cosaques. Pendant des siècles, les Cosaques avaient tout tenté afin de s’assurer la création un Etat cosaque (Hetmanat) légitime et souverain, création toutefois sans cesse empêchée par les grandes puissances dominantes, la Pologne-Lituanie et la Russie. Les Cosaques tentèrent donc d’arriver à leurs fins en s’alliant avec les Tatars du Khanat de Crimée contre le Royaume de Pologne-Lituanie. C’est à Beretchenko que se déroula une bataille décisive.
Affluèrent vers le champ de bataille plus de 150 000 soldats polonais, Cosaques et Tatares, parmi eux Bogdan Khmeknitski, le roi Jean Casimir, Mikolai Pototski et Ivan Bogun. La bataille fut particulièrement sanglante, avec canons, mousquets, sabres, chevaux et voitures de combat. Au début, la supériorité stratégique des troupes polonaises fut contrée par l’extraordinaire volonté de gagner le combat des Cosaques.
Ce fut la trahison du Khan tatar Islam Giray qui marqua un tournant décisif dans la bataille, celui-ci faisant prisonnier son allié Bogdan Khmeknitski et ordonnant à ses troupes de se retirer du champ de bataille, laissant les Cosaques continuer seuls et sans protection le combat. Les Polonais profitèrent de la situation et le combat redoubla d’intensité. Le soir venu, le champ de bataille de Berestetchko est recouvert de 30 000 corps de soldats, officiers, femmes, vieillards et enfants.
Cette bataille est aujourd’hui considérée comme l’un des traumatismes de l’histoire ukrainienne.
Suite à cette bataille, Bogdan Khmelnitski, ayant retrouvé a liberté, se retrouva dans l’obligation de signer un traité de paix avec la Pologne, stipulant le retour dans le giron polono-lituanien des territoires contrôlés par les Cosaques, et de l’abolition des privilèges accordés par le roi polonais Etienne Báthory aux Cosaques Enregistrés en 1590, au profit de la noblesse polonaise.
Bakhchisarai, palais du khan et Çufut Qale
21/09/2009 à 15:09 | Publié dans A propos de la Crimée | 2 commentairesMots-clefs : Bakhchisarai, Crimée, tatar, ville troglodyte

Bakhchisarai, palais du khan
A l’ombre des montagnes de Crimée, à mi-chemin entre Sébastopol et la capitale de la presqu’île Simféropol se trouve une petite ville au nom à consonance orientale : Bakhchisarai. Fondée à la fin du 14e siècle, cette cité devint avec la construction d’un palais par le khan Mengli Giray la capitale du khanat des tatares de Crimée. Les tatares régnèrent sur la Crimée 300 ans avant la prise de pouvoir par les Russes. Jusqu’à aujourd’hui, ce palais à la beauté épurée, dont les minarets sont visibles de très loin, reflète la richesse et la puissance du khanat de Crimée. Pour sa construction, qui a duré plus de 200 ans, ont été mêlés des éléments d’architecture arabe, ottomane et de la Renaissance.
Le palais fut érigé en tant que siège du pouvoir tatare, et témoigne jusqu’à aujourd’hui du train de vie fastueux du souverain. D’innombrables pièces destinées au khan, à son harem et à son personnel sont ouvertes aujourd’hui à la visite. Dans l’enceinte du palais se trouve aussi un cimetière, où sont enterrés de nombreux khans et leurs épouses, ainsi qu’une mosquée, qui est aujourd’hui à nouveau utilisée par les Tatars de Crimée.
Dans l’enceinte du palais se trouve aussi le puits des larmes, que le khan Mengli Giray fit ériger en hommage posthume à son épouse favorite. Les sculpteurs se trouvèrent alors devant le dilemme de représenter un deuil vivant, et de ne pas transgresser les préceptes du Coran interdisant de représenter les corps et les visages humains. Le résultat est un témoignage à la fois original et impressionnant de fantaisie et de créativité. Le poète Alexandre Pouchkine fut tellement touché par le monument lors d’une visite à Bakhtchissaraï en 1820 qu’il lui dédia un poème.

Les tombes des khans
La cité troglodyte de Çufut Qale située non loin vaut aussi certainement le détour. Cette cité fortifiée, qui fut habitée dès le 6e siècle, fut prise dès le 13e siècle par les Ottomans et détruite, ce qui implique qu’il ne reste aujourd’hui que les fondations des maisons à visiter. Cependant, le site étant situé sur un haut plateau, vous pourrez combiner cette visite avec une promenade, lors de laquelle vous aurez l’occasion de découvrir une vue panoramique magnifique sur la Crimée. Le monastère d’Ouspenski est aussi partie intégrante de la ville troglodyte. Ce monastère est aujourd’hui toujours habité par des moines et est le lieu de pèlerinage de nombreux chrétiens orthodoxes.
Restaurant « Karavan-Saraï », ul. Basenko, Bakhchisarai. Situé à deux pas du palais, cet hôtel s’est donné pour mission de conserver les secrets de la cuisine tatare et propose un large choix de délicieuses spécialités traditionnelles. Les clients peuvent s’assoir ou s’allonger dans le jardin et profiter d’un bon repas et du beau temps.
A ne pas rater, la cérémonie du café, qui se déroule dans la cave du restaurant. En plus de la cérémonie en soi, celle-ci permet d’en apprendre beaucoup sur le passé des Tatars de Crimée et sur la renaissance de la minorité tatare aujourd’hui. Fourchette de prix moyenne.
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