Crimée, terre de vins

15/03/2010 à 11:19 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
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Portail d'entrée du domaine de Koktebel

Les origines du vin de Crimée

Les premières vignes furent plantées dans l’Antiquité par les Grecs sur la presqu’île, mais c’est au 19e siècle que remonte la véritable tradition vinicole de Crimée.

A cette époque-là, le prince Mikhail Semionovitch Vorontsov, alors  gouverneur général de la région de Novorossiïsk et grand amateur de vins, créa le premier domaine vinicole de la presqu’île en faisant planter des vignes dans sa propriété d’Aloupka. En 1928, il ordonna la création d’un établissement étatique expérimental à Magaratch (qui signifie source), dans les environs du jardin botanique de Nikita. A Magaratch devaient être étudiées différentes techniques d’amélioration des vignobles et de production du vin, afin de permettre la plantation massive des meilleurs cépages dans la région. Sur une surface de 6 desiatinki (soit environ 43 hectares) furent plantées 4000 pieds de vigne de type pinot franc de bourgogne, petit verdot, gros verdot, malbec et merlot. L’un des premiers scientifiques à s’installer à Magaratch à la demande de Vorontsov fut le français Franz Gasquet, ainsi que son assistant Anastase Serbulenko. Ils se donnèrent pour tâche de produire un vin de bonne qualité, vieillissant bien, sans forcément s’attarder sur le fait que son goût rappelle un vin produit autre part. Privilégiant la qualité, le prince Vorontsov ordonna de ne conserver que les meilleurs vins, les autres devant être vendus immédiatement après leur mise en bouteille. Trois ans après sa production, chaque sorte de vin conservée devait être à nouveau goûtée et analysée, afin de déterminer sa durée optimale de conservation, et seules quelques bouteilles des meilleurs crus devaient être entreposées dans la cave du domaine. C’est ainsi que fut créée la fabuleuse collection de vins de Magaratch, qui compte aujourd’hui 21 651 bouteilles de quelques 3 200 différentes sortes de vin, dont un muscat rose datant de 1836, enregistré dans le Guinness des records comme étant le vin le plus ancien produit en Russie et conservé jusqu’à nos jours.

La terre ensoleillée de Crimée se révéla être optimale pour la production de vins liquoreux et aromatiques. Les muscats, entre autres, produits exclusivement les années particulièrement favorables, s’avérèrent être de très bonne qualité. Afin d’augmenter le taux de sucre dans les raisins, chaque grappe était relevée et les pieds de vignes taillés avec un ciseau spécial, selon une méthode utilisée en Grèce antique.

Un laboratoire œnologique

En 1871, un chimiste de renom, Alexandre Salomon, s’établit au domaine, ce qui fut le point de départ de la création d’un laboratoire œnologique. Les premiers élèves à être accueillis dans ce laboratoire furent dix garçons venant d’un orphelinat de guerre. Par la suite, seuls des étudiants lettrés furent admis dans cette sorte de pensionnat, où pour 50 roubles par an étaient révélés les secrets et le savoir-faire de la viticulture. Dans ce laboratoire furent formés de nombreux spécialistes, qui trouvèrent par la suite du travail dans des exploitations privées, ce qui permit d’améliorer les techniques de production de vin dans toute la Crimée. Les vins de Magaratch contribuèrent sans aucun doute à la renommée des vins de la presqu’île. En 1873, par exemple, lors de l’exposition Universelle de Vienne, les traminers, muscats et pinots gris de Magaratch furent récompensés par de nombreux prix.

La deuxième et troisième génération de savants installés au laboratoire de Magaratch se penchèrent sur le développement de techniques de production rendant la qualité du vin  moins dépendante des conditions climatiques. Ils améliorèrent leurs techniques de vinification, ce qui aboutit à la production de muscats, madères, sherrys et portos caractéristiques, dont le processus de fabrication n’a quasiment pas changé jusqu’à nos jours. En 1940, après une grande consultation, les viticulteurs et les œnologues s’accordèrent sur le fait de n’exploiter principalement que huit sortes de raisins, le choix définitif du lieu où planter les cépages prenant en compte les caractéristiques climatiques et d’exposition des différentes parties de la presqu’île.

Au temps de l’Union soviétique, des filiales du laboratoire de Maragatch furent créées en Russie, Moldavie Biélorussie et dans le reste de l’Ukraine.

Aujourd’hui, de nombreux jeunes chercheurs viennent à Magaratch pour étudier les nombreux documents d’époques et études historiques conservés parmi les 104 400 tomes que contient la bibliothèque du domaine.

La fameuse cave de Massandra

La fameuse cave de Massandra

Koktebel

C’est également grâce à la volonté d’un passionné, Edouard Andreevitch Younguié que fut créé le domaine vinicole de Koktebel en 1879. Son fils, Alexandre Edouarovitch, voyagea en France, en Espagne, en Italie et en Allemagne pour étudier la viniculture, afin d’améliorer la production de vin du domaine familial. Le domaine de Koktebel est aujourd’hui réputé pour ses vins d’origine contrôlée de très bonne qualité et pour ses cognacs.

Le champagne de Crimée

La première cave à champagne, elle, fut créée en 1878 par le prince Léon Golitsyne, aujourd’hui appelé le « roi du vin russe ». Le prince parcourut tout l’Empire russe avant de jeter son dévolu sur la Crimée. Il donna le nom de « Novy Svet », Nouveau Monde, au domaine, en référence à la découverte de l’Amérique. Cet amateur de mousseux tint à reproduire à Novy Svet la méthode classique d’élaboration du champagne inventée par le moine bénédictin Dom Pérignon au 17e siècle. La méthode classique de mise en bouteille du champagne mise en œuvre à Novy Svet était caractérisée par trois étapes. Le vin, disposé dans des bouteilles à champagne, était tout d’abord conservé un à trois ans à une température de 12 à 14°C. Ensuite, lors de l’étape dite du « remuage », les bouteilles étaient disposées pendant trois mois sur un pupitre, goulot vers le bas, afin d’en faire descendre les lies. Ces lies étaient dans un troisième temps éliminées. Cette méthode délicate nécessitait l’emploi de cépages de qualité exceptionnelle. A Novy Svet furent plantés des cépages de type pinot, aligoté, cabernet et riesling rhénan, ainsi que, dans un vallon particulièrement protégé, les vignes dites « du sacre », desquelles fut produit le champagne destiné à la table de parade lors des festivités organisées Moscou en 1896 à l’occasion du sacre du tsar Nicolas II de Russie. Ce champagne à qui l’on donna le nom de « Paradisio » remporta le Grand Prix de la Coupe, le prix le plus prestigieux, lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1900.

La Vallée du soleil

Non loin de Soudak se trouve une vallée particulièrement bien protégée, où un climat particulièrement favorable permet la plantation de raisins délicat. Il s’agit de la Vallée du soleil, connue aujourd’hui pour ses vins liquoreux. C’est également au prince Golitsyne que l’on doit la création à cet endroit de la cave « Arkhadesse », qui fut ultérieurement acquise par le fils du dernier chancelier de Russie,  A. M. Gontsharov. Cette cave servit ensuite de modèle pour de nombreuses autres, comme pour celle de Massandra par exemple. La Vallée du Soleil est le seul endroit au monde où il est encore possible de trouver certaines vignes très anciennes, par exemple des vignes de type Ekim kara, desquelles sont produites le fameux vin « tchiornyï doktor », le docteur noir, Djevat kara, Kefessia et Kok pandas.

Les caves de Massandra

Les caves impériales

C’est en 1892 que le prince Golitsyne acquit des terres à proximité du village de Massandra, où dans le passé la femme du prince Vorontsov possédait également une propriété, afin de construire une immense cave à champagne, qui fut achevée en 1897. Il était possible de conserver dans cette cave 250 000 décalitres de vin en tonneaux ainsi que 1 000 000 bouteilles. Chaque année, en août, fut organisée une immense foire aux vins. L’empereur Nicolas II visita Massandra deux ans après l’inauguration de la cave, en 1889, et depuis lors, le meilleur vin produit à Massandra fut réservé à la consommation de la cour du tsar. Les vins produits à Massandra restent jusqu’à aujourd’hui très réputés, notamment ses portos, sherrys et madères.

A l’époque soviétique, de nombreux domaines furent transformés en kolkhozes ou sovkhozes. Si aujourd’hui la plupart des domaines sont spécialisés dans la production de cognacs, de vins forts et sucrés ou de vins de tables, chaque exploitation a pourtant su garder sa propre caractéristique.

Alliez plaisir et découverte, visite informative et dégustation et laissez-vous surprendre vous aussi par l’incroyable richesse des vins de Crimée en visitant les nombreux domaines, caves et salles de dégustations de la presqu’île, où vous pourrez trouver, parfois en exclusivité, des vins originaux et de caractère qui ne vous laisseront pas indifférents.

Aloupka, Simeiz et Foros

23/09/2009 à 07:00 | Publié dans A propos de la Crimée | Laisser un commentaire
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Aloupka et le palais Vorontsov

Aloupka et le palais Vorontsov

En continuant encore le long de la côte méridionale en direction de l’ouest, le voyageur arrive aux stations thermales pittoresques d’Aloupka, Simeiz et Foros.

Celui qui s’approche de la ville d’Aloupka par la mer est immédiatement subjugué par un paysage à la beauté grandiose. Car à cet endroit, où le paysage alterne entre de petites criques et des falaises déchiquetées, la station thermale d’Aloupka apparaît au milieu de la verdure, surplombée par la crête du Mont Ai-Petri.

Charmé par la beauté du lieu, le prince Mikhail Semionovitch Vorontsov, officier et futur vice-roi du Caucase, décida en 1828 d’y faire construire sa demeure privée. Il fit appel à l’architecte anglais Edward Blore, architecte de cour du roi Guillaume IV de Prusse et de la reine Victoria, pour mener à bien son projet. 20 années de travail préliminaire donnèrent pour résultat un palais de style Tudor, présentant des éléments de style oriental, entouré de 40h de parc paysager s’intégrant pleinement à la nature environnante.

La ville côtière d’Aloupka elle-même est idéale pour passer des vacances reposantes. Elle se trouve certes assez loin des centres et chemins touristiques principaux, il est cependant possible de trouver sur place de nombreux restaurants, et des bus vous amèneront jusqu’aux principales attractions touristiques de la côte. Un autre avantage : la plage est à deux pas.

Juste à côté d’Aloupka se trouve Simeiz, une petite ville, dans laquelle nous avons trouvé le plus de quiétude dans le rythme de vie des habitants. Ici, tout semble être plus lent, reposé, détendu. Cette atmosphère est idéale pour se remettre d’une année passée à travailler. La plage (Kiesel) est seulement à 10mn à pied. Si nous en avions eu la possibilité, nous aurions passé nos vacances là-bas. Mais, évidemment, nous devions travailler !

Nos conseils restaurants à Aloupka et Simeiz

Restaurant « Karamba », ul. Frunse, Aloupka. Ce restaurant est parfait pour manger et sortir par la même occasion. A côté d’une décoration intérieure authentique, le restaurant se caractérise une cuisine goûteuse et rustique, et propose un service sympathique et très soigné. Le bar est naturellement bien pourvu. Pratique : il se trouve juste à côté de l’hôtel « Aloupka » où nous proposons de passer la nuit. Fourchette de prix : supérieure.

Restaurant Vinograd, ul. Sovietskaya, Simeiz. Un établissement très tranquille avec vue sur cour intérieure pourvue d’un puits. La musique agréable et reposante, le service agréable et prévenant, ainsi que les plats succulents proposés à partir de produits frais nous ont convaincus. Un lieu idéal pour se détendre, se laisser aller à la rêverie et laisser le temps s’écouler. Fourchette de prix : moyenne.

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